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LE MALI SOUS LE COUP DE LA CENSURE D’INTERNET, chacun y trouve sa part ! 

“Au Mali, l’accès à l’information, et en particulier à Internet en période électorale est un critère important pour évaluer la transparence, la crédibilité et la sincérité du vote. C’est la première fois de son histoire que le Mali se coupe totalement du réseau Internet. Nous regrettons que le Mali choisisse de ne pas respecter le droit international qui protège la liberté d’expression. C’est un droit civique important en période électorale. »  Julie Owono, directrice exécutive d’Internet sans Frontières à propos de la restriction de l’accès à l’Internet au Mali. 

Depuis le 29 juillet 2018, jour du scrutin du 1er tour de l’élection du Président au Mali, les internautes Maliens font face à une censure des réseaux sociaux qui ne dit pas son nom. Ils étaient obligés de passer par des applications spéciales notamment les VPN pour y accéder, pour contourner la censure en vigueur. Mais le plus pire que nous n’ayons jamais connu avant est survenu à cette veille de la proclamation des résultats provisoires du second tour par le ministre en charge des collectivités territoriales. Cette fois-ci, on ne parle plus de censure des réseaux sociaux surtout  Facebook et Twitter, mais d’une coupure d’Internet pure et simple  notamment avec les réseaux mobiles par la complicité des opérateurs dans le domaine de la téléphonie-mobile, Orange Mali et Malitel. Seul l’ADSL permettait de se connecter et cela à un prix cher. Or tout le monde n’a pas ce privilège.

Avec Cette coupure, ce n’est pas la liberté d’expression seulement qu’a connue un coup dur au pays, mais également la vie économique notamment chez les opérateurs économiques et entreprises  en l’occurrence ceux qui, par la modernité, travaillent avec l’Internet. C’est pour dire que chacun a été affecté de façon directe ou indirecte par cette décision du gouvernement malien.

Voyons le cas de cette malade qui, pour la paye de son ordonnance, on a dû parcourir cinq pharmacies (à Bamako) pour que l’opération ait pu lieu en raison de cette coupure Internet. 

        Ordonance de la dite patiente

C’était Hier elle s’est fait opérer l’œil gauche à l’Institut d’Ophtalmologie Tropicale de l’Afrique (IOTA)  basé à Bamako et rendez-vous lui a été donné ce matin pour d’autres soins, lesquels soins nécessitent la prescription des médicaments sur ordonnance et utilisables sur cet œil opéré jusqu’au prochain rendez-vous.  Sur exigence du médecin traitant, son accompagnateur  n’a pas attendu le retour à la maison pour chercher où payer l’ordonnance (à la pharmacie). Juste après leur sortie de l’hôpital, il s’est précipité vers la pharmacie située en face de l’IOTA, « La pharmacie Privée boulevard du peuple  » du Dr Mamadou Djiré. Une fois la porte affranchie suivi d’un bonjour d’usage, il s’est dirigé vers un des employés de la dite pharmacie et déposa devant lui sur le comptoir l’ordonnance. D’un coup d’œil, il lui a fait savoir qu »il n’y a pas de réseau ». En fait, sa patiente détient une carte d’assurance maladie obligatoire (AMO) qui lui permettait de bénéficier d’une réduction sur le coût de traitement de soins. Pour cela, il faut de l’Internet pour vérifier auprès de son organe d’assurance si sa carte est bien valide ou pas à travers son numéro d’identification en ce qui concerne les services AMO dans les pharmacies.

À la sortie, il s’est demandé, Mais comment peut-on avoir une si grande pharmacie et avoir encore un problème de réseau jusqu’à perdre des clients  de cette façon ? Est-ce un problème technique ou c’est lié à la censure qu’est en cours dans le pays? 

Pour satisfaire sa curiosité, il décida de retourner pour demander et a préféré la seconde question à la première (question de modestie). Et c’est là qu’il apprend que ce n’est pas un problème technique mais un problème engendré par la censure d’Internet et la coupure de l’Internet avec la complicité des opérateurs téléphonie mobiles ce jour là.

Maintenant l’inquiétude occupe l’esprit de notre jeune homme. C’est ainsi qu’il décida d’attendre leur retour à la maison  (à Sébenikoro, un quartier de Bamako)  pour aller chercher les médicaments. Il a dû faire quatre pharmacies après la première avant de trouver du réseau Internet.

Il s’est rendu successivement à la pharmacie Bibipharm de Dr.Diarra Badié Fatoumata Dicko près du lycée Mamadou M’bodj ; à la Pharmacie du Marché de Sébenikoro du Dr.Mamadou . M. Cissé ; à la pharmacie Lothiozan près du  cscom de sibiribougou et en fin à l’officine Makoro Koné du Dr. Soumaïla Coumaré – en face de la clinique périnatale Mohammed VI, le seul où il a trouvé du réseau et où il a pu faire son opération. 

La malade qui devait commencer à prendre ses médicaments aussitôt sortie d’hôpital comme lui a consigné son médecin, a dû attendre un bon moment avant de les avoir. Et ce faisant, elle s’est vue dans l’impossibilité de les prendre à toutes les fois indiquées pour son premier jour. 

Outre ce cas, d’autres clients de certaines  banques de la place se sont vus incapables également de faire des opérations bancaires. En plus d’être un outil de communication incontestable, l’Internet est devenu aujourd’hui un outil de travail pour beaucoup. Nous sommes dans le siècle de « tout Internet ». Priver les gens d’Internet pour une raison ou une autre, c’est faire des victimes intentionnellement,  priver les gens de leur droit à la liberté d’expression et leur priver de travail ou recevoir d’autres services émanant de l’Internet. Tâchons d’y penser !!! 

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