Droits de l'homme, Politique

Entreprenariat Feminin au Mali, Quand les femmes se retrouvent dans un atelier de réflexion… 

Dans la matinée du 29 novembre 2018 a eu lieu à l’hôtel Maeva Palace  l’ouverture des travaux d’un atelier de deux jours initié par le gouvernement malien à travers son département ministériel de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et appuyé par OnuFemmes à travers sa structure au Mali. C’est un atelier de réflexion stratégique sur l’entrepreniat Feminin au Mali. Une occasion pour les femmes entrepreneures maliennes de se retrouver entre elles pour parler de l’entreprenariat Feminin dans le pays et de leurs expériences dans le domaine : comment se porte-t-il ? Quelle est sa place dans l’économie nationale ? Quels sont les défis auxquels elles font face ? Quel cadre législatif  pour la promotion de l’entrepreniat Feminin ? Tant des questions du genre font l’objet de cet atelier qui prendra fin par des recommandations qui seront faites par les participants et participantes à l’issue des travaux de réflexion par groupes. Cet atelier d’échange et de réflexion stratégique s’est ouvert par les interventions respectives de la Vice -Présidente du Réseau des femmes opératrices économiques du Mali – Mme Kébé Tantou ,  de la Représentante résidente de l’onu-femmes au Mali – Mme Béatrice Eyong , de la représentante du Ministère de la Promotion des Investissements et du Secteur privé – Mme Ag Erless Oumou Coulibaly, de madame la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille – Dr. Diakité Aïssata Traoré ; et  par le lancement officiel du Site Internet des Femmes Entrepreneures au Mali.  

La place de la femme dans l’économie nationale…

Dans les différentes allocutions, les intervenantes n’ont pas manqué de saluer l’initiative d’organiser cette activité et tour à tour ont rappelé la place de la femme dans la société dont notamment sa place dans l’économie nationale et dans la gestion et la prévention des conflits. Mme la vice-Présidente du Réseau des Femmes entrepreneures , Mme Kébé Tantou Sambaké, commence par rappeler le contexte de la crise de 2012 à aujourd’hui au Mali et le rôle des femmes dans la prévention des crises. Un rappel qui sera bien appuyé par Mme Béatrice Eyong qui dira que « la femme malienne est la clé de la stabilité et de la paix ». Madame Kébé rappelle également que les femmes évoluent également dans le domaine de l’Economie avant de saluer comme ses autres soeurs l’Etat Malien pour son engagement dans la promotion du genre et l’encourage à oeuvrer davantage dans ce sens. Un fait qui s’explique chez la ministre Traoré  par le fait que de 2002 à nos jours, beaucoup de réformes et politiques ont été menées par le gouvernement malien afin de créer un cadre législatif pour la promotion de l’entrepreniat Feminin. Quant à Mme Béatrice Eyong , après avoir salué leurs partenaires techniques et financiers, réitère le soutien de son organisme à l’Etat malien dans la promotion du genre et en donne la garantie  avant de se réjouir de cette activité qu’est la première officielle sous sa direction depuis sa prise de fonction au Mali, il y a une semaine environ. Elle n’a pas manqué de la situer aussi dans son cadre. Elle l’exprime en ces termes: « Quel meilleur contexte pour débuter mon travail, que cet atelier hautement stratégique. Aiguiser la capacité d’innovation des femmes, la capacité de concevoir, de mettre sur pied et de gérer une entreprise est une contribution inestimable à leur épanouissement et à leur autonomisation. »  

Bref…cet atelier, bien qu’initié par le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, se situe dans le cadre du programme de l’Onu femmes intitulé Initiative pour la Promotion et l’Apui à l’Entreprenariat Feminin-IPAFE .

Présentation et Lancement du Site Web

Capture d’écran de la page d’accueil du site

Après son allocution et la déclaration de l’ouverture de l’atelier, Mme le ministre, Dr. Traoré Aïssata Diakité, a procédé au lancement officiel du Site Internet des Femmes entrepreneures au Mali après que celui-ci a été présenté à l’audience. Ce Site est une plateforme concise avec l’appui de l’Onu femme. Il consiste à soutenir de façon générale l’entreprenariat au Mali et en particulier l’entreprenariat Feminin. Il permet notamment  aux entrepreneures de faire leur promotion et celle de leurs produits suivants les secteurs dans lesquels elles évoluent, mais aussi de les fédérer autour de cette plateforme numérique… Pour plus, vous pouvez le visiter sur ce lien, http://www.annuairemalimuso.com .

À rappeler que les recommandations issues de ces jours d’atelier de réflexion stratégique sur l’entrepreniat Feminin  permettra d’actualiser les études faites sur l’entreprenariat Feminin au Mali. Et leurs mises en application ne peuvent que faire du bien dans ce secteur et sur l’économie nationale. En tout cas, c’est ce que je souhaite de tous mes voeux tout en saluant aussi de passage cette belle initiative. Tout l’honneur a été pour moi d’avoir participé à cette activité sur invitation pour une couverture médiatique. Reconnaissons-le, la femme aussi a sa contribution à apporter à l’économie nationale et pour sa propre autonomisation surtout financière comme le résume bien cette phrase de madame la ministre, je cite, « les femmes sont des agents très dynamiques dans l’économie du pays et partout dans le monde ». Fin de citation. Qu’en pensez-vous  de cette affirmation? 

Photo de famille, crédit photo @Sag_bi 

PS: le choix de l’hôtel Maeva Palace pour abriter cette activité est symbolique. Deux femmes d’affaires en sont les propriétaires d’après des conversations que j’ai eues avec d’autres sur le lieu. 

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Actualité, Politique

PRÉSIDENTIELLES 2018 AU MALI: ce qui doit être dit aux candidats ! 

Le 29 juillet prochain, les Maliens se rendront à nouveau aux urnes pour élire leur président pour les cinq prochaines années. À l’heure actuelle, une vingtaine  de candidatures sont officiellement faites pour ces échéances électorales, mais on peine jusqu’à présent  à rendre public les projets de société et visions pour le chantier du Mali dans les cinq prochaines années.

Parmi cette vingtaine de candidatures, nous avons celles de Soumaïla Cissé de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), de Modibo Sidibé du Nouveau Pôle Politique et des FARE, de Moussa Mara du Parti Yéléma-le changement, Aliou Diallo du ADP-Maliba et les derniers en date, Oumar Mariko du SADI, Dramane Dembélé de l’ARDEMA (L’Alliance pour le Redressement de la Démocratie au Mali) et l’actuel président de la République Ibrahim Boubacar Keïta.

Du côté du camp présidentiel, on est à pied d’oeuvre pour ne pas céder le pouvoir à d’autres, d’où le fameux slogan « Boua Ta bla », Boua ne quitte pas ! Quant aux autres candidats, eux, ils pensent que le problème du Mali d’aujourd’hui, c’est IBK. Donc il faut tout faire pour le remplacer. Changer IBK suffit-il à résoudre le problème du Mali ? Ou continuer avec lui permettra-t-il de répondre aux aspirations nouvelles des Maliens ?

Les aspirations du Malien sont grandes aujourd’hui que ça ne l’était en 2013. Le Mali souffre presque dans tous les secteurs. La Sécurité, l’Autosuffisance alimentaire,  l’Éducation, l’Emploi, la Santé sans compter le détournement du dénier public demeurent des préoccupations de l’heure à prendre au premier plan. Le Malien attend des politiques fortes et des visions nouvelles sur ces questions.

Par le passé, on nous a habitués à faire des promesses politiciennes qui, une fois au pouvoir, sont mises dans les oubliettes. Ou à distribuer des tee-shirts ou du thé et du sucre pour gagner l’électorat malien. Le Malien nouveau ne veut pas se laisser faire. Il étudie le profil des candidats et exige d’eux des projets de société. Il ne se laisse pas corrompre comme on a coutume à le faire. Il aspire au changement, mais pas à ce qui consiste à changer seulement  l’un par l’autre, mais un changement dans la gestion des affaires, des mesures et politiques fortes et efficaces pour lutter contre la corruption grandissante à tous les niveaux, restaurer la confiance entre les dirigeants et les dirigés, entre les Maliens, restaurer une paix durable dans ce pays, créer des emplois pour les jeunes, assainir le milieu scolaire et universitaire en le débarrassant des violences, des grèves incessantes pour une éducation de qualité…

Or, au lieu de commencer à nous proposer leur programme respectif, les candidats passent tout leur temps à critiquer le gouvernement en place ou à faire des discours dépourvus de sens. Le peuple malien attend plutôt qu’ils leur fassent des propositions de sortie de crise voire de développement. Le Malien nouveau choisira son candidat à base d’un programme, de vision et non sur de simples promesses. Il veut voir les candidats face à face sur des plateaux télé ou radio pour parler de leur projet, défendre leurs idées et visions, en un mot, un débat entre les candidats avant de décider à qui donner sa voix.

Chères candidates et candidats, l’électorat malien attend avec impatience vos projets et propositions pour le Mali des cinq  (5) années à venir.

Aussi faudrait-il rappeler qu’à l’heure actuelle, seul le candidat de Yéléma-le changement a pu dévoiler les grandes lignes de son « Programme d’Actions Concrètes pour la Transformation Économique et Sociale (PACTES) »    et son contenu à travers des conférences de presse et sur les réseaux sociaux. Avec Soumaila Cisse, tout ce qu’on sait de son programme est que sa famille ne serait pas mêlée dans la gestion des affaires de L’État. Sinon on sait aussi pour Mamadou Igor Diarra,  c’est dans son livre intitulé « c’est possible au Mali ».

D’ici les élections, il ne nous reste que deux mois, je répète, deux mois. Il ne faut pas attendre jusqu’à la veille du scrutin pour venir nous embrouiller, nous surmener, nous rendre confus dans nos choix. On a besoin d’un temps de lecture, d’écoute, de partage, de réflexion pour un choix en toute responsabilité et en toute conscience.

Actualité, Politique

Les Maliens dos à dos: La Candidature d’IBK aux présidentielles de 2018, objet de polémiques

On est à l’approche des élections présidentielles maliennes, certains hommes politiques ou de la société civile se sont déjà déclarés officiellement. D’autres ne l’ont pas encore fait. Parmi ces derniers, il y a l’actuel président de la République qui ne s’est pas encore officiellement déclaré candidat aux élections générales du 29 avril 2018 pour sa propre succession. C’est  la candidature de ce dernier qui fait d’ailleurs beaucoup jaser dans le pays plus que tout autre. Ainsi, des voix, pensant qu’il n’est plus la solution, s’élèvent pour demander son renoncement à un deuxième mandat pendant que d’autres continuent de le supplier de faire officiellement  sa déclaration de candidature pour un second mandat. Son bilan divise plus que jamais  les Maliens.

IBK reste l’homme de la situation…

Pour rappel, IBK est le seul et le premier en ce jour qui a été élu à 77, 61% des voix. En 2013, il a été élu sur la base qu’il serait l’homme de la situation pour sortir le pays de la crise mutimentionnelle qu’il traversait et qui, malheureusement, perdure encore. 

Enfin de mandat, il y a toujours des gens qui jugent son bilan bon malgré des insuffisances constatées et des scandales politico-économiques (l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel, de la surfacturation des équipements militaires, des engrais frelatés ; l’accor d’Alger en peine dans sa mise en oeuvre, l’instabilité gouvernementale: cinq Premiers ministres en cinq ans)   au sommet aussi bien que dans la gestion des affaires de l’État. Toutefois, il y a eu des progrès, des mesures prises pour la relance de l’économie, le retour du pays sur la scène internationale, on peut dire que la diplomatie malienne se porte bien… 

Par ailleurs, qui sont ces gens qui jugent son bilan bon et pourquoi le défendent-ils à tout prix? Et, pourquoi tiennent-ils autant à sa candidature ? 

Le Mali reste l’un de ces pays où quand on accède au pouvoir, on va avec ses plus proches, ses camarades et encore avec ses maîtresses et leurs proches  pour se partager les ressources de l’État. Donc tant qu’on mange, on ne veut plus quitter et par conséquent on veut faire maintenir celui ou celle qui fait manger. Par là, je dirais que ce dicton africain, « un chef ne saurait être  plus dangereux que son proche entourage » est la bonne formule qui va avec.

À regarder les 20 heures de la télévision nationale surtout en ces derniers temps ou lire  sur certaines pages ou des comptes pro-ibk sur les médias sociaux surtout sur Facebook que les Maliens utilisent plus que tout autre, on a l’impression que son bilan quinquennal  est sans faute. Ceux qui jugent ce bilan bon sont en grande partie de la mouvance présidentielle  ou qui reçoivent des retombées de la part de ces derniers, intérêt l’oblige. Et pire, ces gens et l’ORTM font croire que c’est  toute la population qui est derrière lui. 

C’est  dans cette optique que des mouvements qui ne disent pas leurs noms se créent à longueur de journée autour du fameux slogan « Boua ta bla » en bamanankan, Boua (le président IBK)  ne renonce pas au pouvoir, en réplique au camp de l’autre fameux slogan « Boua ka bla », Boua doit quitter le pouvoir. Ainsi, On voit des gens ou associations qui ne cessent de demander au président de se prononcer en faveur d’une candidature pour un deuxième mandat. Le reste, ils s’en chargeront : payer la caution de sa candidature qui s’élève à  25 Millions de Fcfa et se mobiliser pour assurer sa réélection. Toutefois, l’actuel homme fort de Koulouba demeure encore  dans le silence, mais laisse déjà des signes qui en disent long pour qui suit l’actualité politique du pays. 

Pour mémoire, en mai 2017, dans une interview accordée à la célèbre  chaîne Qatarienne, Al-jazeera, il laisse entendre ceci à propos de sa candidature pour sa propre succession: « Je serai candidat en 2018 si c’est la volonté d’Allah ». Mieux, tout récemment, en séjour à Ségou, 4è région administrative, laisse entendre ceci « ils disent Boua doit partir. Boua va partir au moment venu ». Malgré cela, d’autres continuent d’exiger son retrait politique. 

IBK n’est plus la solution…

Pendant que certains appellent de tous leurs vœux, sa candidature, le vœu des autres est de lui voir prendre sa retraite politique à la Nelson Mandela en Afrique du Sud ou à la François Hollande en France. Pourquoi une retraite politique en un mandat ? Parce qu’ils pensent qu’il n’est plus la solution. Il n’a plus, par l’effet de la vieillesse, les aptitudes physiques et intellectuelles qu’il faut pour diriger le pays. Il faut un jeune pour le succéder. C’est cela, la thèse principale des partisans de « Boua ka bla ». Ce slogan est créé et rendu populaire par un chroniqueur malien, Youssouf Bathily alias Ras bath, et ses disciples qui le chantent partout où ils aillent.

 Je ne sais pas ce qu’ils disent à propos du président Bouteflika en Algérie qui se trouve sur un fauteuil roulant ou encore le président Bouhari au Nigéria qui ne cesse de multiplier les allers-retours  entre des grands  hôpitaux occidentaux et son pays pour des soins médicaux. 

En outre, IBK n’est plus la solution est devenu le mot de campagne de l’heure pour beaucoup de candidats surtout jeunes qui se sont déclarés en ce jour et les probables candidats habituels de certains partis de l’opposition. Tout le monde se positionne en porteur d’espoir pour le changement (positif)  et pour le renouveau du pays. Mais le problème est que beaucoup de ces personnes étaient aussi proches d’IBK, ont occupé de hautes fonctions sous les ordres de l’actuel  locataire de Koulouba ou ont travaillé avec lui par le passé. Pire, certains de ces derniers sont même cités dans des affaires de détournement des derniers publics. Les amis d’hier sont devenus aujourd’hui  des ennemis et les ennemis d’aujourd’hui seraient demain des amis, c’est la politique.

Qu’il se déclare officiellement candidat ou qu’il se retire, cela ne doit plus poser de problèmes ni opposer les fils et les filles du pays jusqu’à mettre les liens sociaux en péril. S’il se déclare, c’est son droit. Il reste encore  dans l’esprit de notre constitution. Cependant, il revient de droit et de devoir à L’électorat malien, dans les urnes, de décider de son sort et de celui du pays pour les prochaines cinq années à venir.  Et s’il renonce à un deuxième mandat, il sera encore plus dans l’histoire électorale du Mali, il sera le premier à le faire et on se souviendra de lui pendant de longues années  comme Mandela en Afrique du Sud et Hollande en France. Alors, à quoi sert de se diviser, de se tirailler  autant sur sa candidature à sa propre succession ?  Concentrons-nous sur les défis de l’heure que nous devions à tout prix relever pour un Mali sur pied, uni et prospère !