Éducation, Chronique

Chronique sur « L’enfant philosophe: De La métaphysique, tome1 « 

L’enfant philosophe (tome 1) est le nouveau bouquin de notre jeune écrivain malien, édité par les éditions Edilivre en France. Ce Tome 1 moins volumineux (50 pages) mais riche dans son contenu en connaissances, informations et sera suivi d’un deuxième dans les prochains mois m’a rassuré l’auteur. Cet ouvrage sera bientôt disponible dans les librairies maliennes et sur les points de vente en ligne. Mais avant de nous plonger dans le livre, il est important de connaître d’abord son auteur comme j’aime le faire et le rappeler à d’autres, pour mieux appréhender la pensée d’un auteur, il faut d’abord connaître l’auteur lui-même, sa vie. Car on ne peut pas parler de la pensée de quelqu’un sans pour autant le connaître. 

Qui est Fousseni TOGOLA ? 

   © Fousseni Togola

Fousseni est né le 19 septembre 1989 à Fana où il passa ses études primaires et fondamentales avant de la quitter pour la première fois afin de pouvoir faire son lycée à Ségou  où il obtint son bac en 2011. Après le bac, il s’inscrit en philosophie dans la faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE)  de l’Université de Bamako où il sort avec une Maîtrise à son compte avec une mention bien en 2013. En cette même année, il entre à l’École normale supérieure (EN.SUP) de Bamako suite à sa réussite au concours d’entrée directe à cette prestigieuse grande école où il sort l’année dernière avec un Master avec une mention bien en philosophie. Marié et père d’un garçon, il est professeur de philosophie au secondaire à Bamako. Ayant comme centres d’intérêt: l’éducation, les droits de l’homme, la parité entre les sexes, l’environnement, TOGOLA est aussi Blogueur (membre de la communauté des blogueurs du Mali dénommée DONIBLOG), journaliste et auteur de plusieurs articles et plusieurs livres dont le dernier en date est l’enfant philosophe.
Prolégomènes  de  L’Enfant Philosophe,   Tome 1 : de la métaphysique
 » Les benjamins de la famille sont en général les enfants les plus chouchoutés, les plus gâtés parce qu’ils arrivent à un moment où le père et la mère sont déjà vieux et par conséquent n’ont plus assez de force pour s’engager durablement dans l’éducation. Outre cela, l’idée que le benjamin constitue le dernier enfant, celui qui durera auprès d’eux pendant leur vieillesse faite qu’ils ne songent plus à lui faire des impositions. C’est ce qui explique l’extrême intelligence de la plupart de ces enfants. Cette grande capacité de compréhension relève juste du fait que l’enfant évolue normalement sans trop de pressions familiales et bénéficie aussi de la sagesse de la vieillesse. C’est pourquoi Aristote suggérait qu’il faut se marier vers l’âge de 37 ans. Moussa est un enfant de dix ans, très intelligent et courageux. Le jeune homme outrepasse tous ses camarades en intelligence ; une intelligence entretenue certes par sa curiosité. Il est très curieux et veut tout savoir. S’il est vrai que l’étonnement, le questionnement sont l’origine de la philosophie, alors il n’y a aucun doute, Moussa est né philosophe. Le quotidien de cet enfant, c’est l’assouvissement de sa curiosité en questionnant instantanément les vieilles personnes voire en animant des débats autour des problématiques que nous considérons comme de véritables casse-têtes. Par ailleurs, le comportement de Moussa confirme les propos de Karl Jaspers selon qui il existerait une philosophie strictement pour les enfants, une philosophie des enfants. À cet effet, ce livre aurait pu s’appeler une didactique de la philosophie puisque la plupart des didacticiens pensent à l’instauration d’une philosophie pour enfant, c’est-à-dire des séances au cours desquels le professeur organise des débats avec les enfants. Alors, ce livre constitue une ébauche des différentes problématiques traitées et résolues par le jeune Moussa lors de ses ébats philosophiques. L’enfant philosophe est un appel lancé aux parents, aux autorités scolaires pour qu’ils ne considèrent plus un enfant comme un être ne pouvant poser que des questions insensées ; l’enfant est un être assez mystérieux qui peut nous apprendre pleine de choses si toutefois nous savions nous intéresser à ses interrogations qui sont pour la plupart et dans un premier temps métaphysiques. » P. 5 à 6.

 

Avis
L’enfant philosophe est un livre qu’on  peut mettre dans la catégorie roman philosophique comme Le monde de Sophie de Jostein Gaarder ou encore l’âme du monde de Frédéric Lenoir par exemple.

C’est un ouvrage écrit dans un style simple  et son contenu est facile à saisir. C’est pourquoi on peut le prendre comme une référence d’initiation à l’étude de philosophie et je n’hésiterais pas à le mettre parmi les livres que je conseillerais pour qui veut s’initier à la philosophie surtout à la métaphysique s’il me le demande évidemment. Pourquoi? Parce qu’on y trouve tout simplement la pensée des grands philosophes comme Platon sur la question de l’immortalité de l’âme et Aristote , Marx sur le progrès, Freud sur le rêve ; des interprétations religieuses(La Tora, la Bible et le Coran) sur la mort, sur le Bien et le Mal et celles scientifiques(de la mort) sur les thèmes abordés et qui sont savamment et globalement expliqués avec clarté et simplicité et confronter les unes aux autres selon le thème auquel elles se substituent.

Comme vous l’auriez déjà compris, ce tome 1 traite de la métaphysique. De ce fait, les questions qui y sont abordées sont d’ordre métaphysique à savoir la question de la mort, la question de l’origine du Bien et du Mal, du progrès social, le rêve. Le tout expliqué dans un chronogramme de cinq jours (un jour, un thème, comme on le faisait avec le conte dans nos sociétés traditionnelles.). Mais pour ce faire, il faut savoir qu’est-ce que la philosophie? Qui est philosophe? Qui ne l’est pas? C’est là, la question de départ de l’enfant philosophe à son père puisqu’il est lui-même appelé philosophe tandis qu’il ne sait pas qu’est-ce que c’est.

Donc ces questions sont soulevées par un enfant curieux (suite à ses différentes observations sur des faits constatés dans son environnement) qui, au départ, est vu dans son milieu comme un dérangeur et par conséquent on le fuyait comme Socrate l’a été à Athènes dans la Grèce antique (lire dans l’Apologie de Socrate). Chose qu’il a mal vécue dans son être et qui l’a même  mis dans une  profonde « angoisse ». Mais heureusement qu’il fut aussitôt compris et aidé par son père qui est le seul à comprendre son mal et qui est allé jusqu’à se défaire de certains de ces cours à l’Université, car il vient de saisir l’intérêt pour les enfants de s’extérioriser, de communiquer avec d’autres pour les comprendre afin de les aider à mieux comprendre les choses, voire même celles les plus mystérieuses. Le père de Moussa est à l’image de ces pères responsables et exemplaires qui ne badinent pas avec l’éducation de leurs enfants et qui méritent d’être appelés père si je m’exprime en confucéen. Moussa à son père : « Tout le monde trouve que je pose trop de questions. En conséquence, nul ne veut discuter avec moi… (or) j’apprends plus à travers les questions-réponses qu’en bichant mes leçons. »  P.10

Comme les didacticiens, l’auteur trouve utile de créer un environnement d’éducation stable aux enfants et les laisser apprendre par eux et pour eux et non par autrui. Cela se fait  à travers les débats, les questions-réponses. Donc inutile d’imposer aux élèves de mémoriser des milieux de pages de leçons dont ils ne comprennent même pas  le sens.

Ce qui m’a beaucoup frappé dans ma lecture, c’est comment l’auteur à travers ce fameux professeur de philosophie au supérieur  a su savamment et pédagogiquement et surtout avec simplicité traiter les questions de son fils en citant des auteurs comme Aristote, Gilles Deleuze; Marx, Popper ( parmi d’autres) par-ci par-là. Or la philosophie est considérée par beaucoup comme une discipline complexe à cause de ses concepts, son langage. Mais il a su la rendre simple. De ce fait, si je me le permets, L’auteur est un vrai pédagogue (fonction l’oblige), un philosophe didacticien comme Michel Tozzi et qui appelle à l’être pour se faire comprendre sans être pourtant ennuyeux pour ses interlocuteurs. Ainsi, n’est-il pas nécessaire de faire une philosophie pour les enfants ?  En tout cas, il y a un message envoyé à tous les éducateurs. Ce n’est pas pour rien qu’ il cite Tariq Ramadan comme un modèle de cette posture. Écoutons l’auteur lui-même sur la première attitude prise par Amadou suite à la première question d’entrée posée par son fils avant de commencer à philosopher ensemble:

« (…) Il (le père de Moussa) réfléchit sur la façon de répondre à cet enfant en adaptant sa langue à son niveau de compréhension comme fait Tariq Ramadan, le grand islamologue et philosophe Égyptien, dans ses entretiens sur l’islam avec ses étudiants et avec la masse hypertrophiée. » P.11

Le cas Moussa est celui de tous les enfants dans la solitude éprouvant des sentiments de communiquer, mais qui en sont toujours privés dans ce monde de chacun pour soi et le diable pour tous. Mais Moussa a de la chance d’avoir Amadou comme père et d’autres gens autour de lui.

Les enfants doivent être écoutés comme les adultes. Ils ont quelque chose à nous dire et à nous apprendre. La communication est vitale pour leur épanouissement. De ce fait, nous devons nous intéresser à leur cas, de leur enfance afin de bien la comprendre et l’étudier. C’est un vibrant appel de notre blogueur :

 « L’enfance est une période qu’aucun philosophe n’arrive encore à bien cerner, mais qui mérite d’être interrogée  profondément en nous y intéressant. » P. 48

 

Quelques personnages

Moussa: l’enfant philosophe

Amadou: professeur de philosophie à l’Université de bendougou, père de l’enfant.

Aïssata: mère de Moussa.

Mamourou: grand frère de Moussa et son grand maître en traduction de rêve.         

Ibrahim Sona: prof.d’histoire de Moussa. 

 

 

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Éducation

Comment le numérique peut changer nos enfants ? 

Le numérique, de nos jours, occupe de plus en plus une place considérable  dans la vie de l’homme qu’il ne l’était auparavant. 
Avec les progrès des technologies numériques cumulés entre 1980 à 2000, « la révolution numérique », l’humanité s’est vue offrir des nouvelles gammes des produits numériques pour « son épanouissement ». La télévision, le téléphone mobile, les ordinateurs (parmi d’autres)  sont devenus des outils dont il semble difficile de s’en passer (malgré que ça reste encore  un privilège pour certains car le moyen n’y est pas). C’est ainsi qu’une société de « tout numérique » s’est constituée au fil du temps. C’est dire qu’il est incontournable aujourd’hui dans notre vie. 
Cependant, qu’en est-il du cas des enfants et de leur éducation dans cet univers de « tout numérique « 
À l’heure actuelle, les enfants sont plus tournés vers la vie numérique qu’ils veulent coûte que coûte reproduire  que la vie du milieu où ils vivent. Avec l’Internet, les médias sociaux, le monde est à leur porté et où ils peuvent faire des nouvelles découvertes, apprendre des nouvelles réalités. Lesquelles découvertes peuvent avoir un impact sur leur éducation, leur manière de voir et de se comporter. Donc le numérique peut faire changer nos enfants en bien comme en mal. 
En bien, en ce sens qu’ils peuvent voyager, sortir de leur contrée pour d’autres sans forcément y être physiquement à travers cela.  Ainsi, n’a-t-on pas raison de dire haut et fort que si notre village n’est pas le monde, le monde est devenu notre village planétaire avec l’ Internet ? Avec les smartphones, on peut permanemment avoir des applications pouvant nous être utiles. De nature, les enfants aiment les jeux et faire du jeu. Ce n’est pas anormal, car en plus de se divertir, ils peuvent apprendre avec.  Quant à la télé, ils peuvent aussi regarder par exemple des films cinémas (dessin animé et théâtre) ou d’autres programmes qui leur sont destinés où ils doivent tirer des leçons de morale qui leur permettrait d’être sage en y trouvant leur héro, leur modèle. 
Toutefois, le pire pourrait se produire, c’est-à-dire que le numérique a une mauvaise influence sur eux. Cela s’est produit quand ils sont laissés à eux sans suivi des parents ni rien. Quand ils sont laissés à eux, ils font ce dont bon leur semble. Avec leur téléphone ( le forfait), ils peuvent avoir librement accès à des sites  n’offrant pas forcément des contenus utiles à leur formation et à la constitution de leur personnalité, par exemple les sites p0rn0gr@phiques. En plus de cela, ils peuvent tomber sur des images choquantes touchant à leur sensibilité ou leur endomammageant psychiquement. Ici, je fais référence aux réseaux sociaux sur lesquels certains utilisateurs se plaisent de poster ou de partager des contenus haineux, incitant à la violence ou encore des vidéos à caractère pornographique  📷 par exemple. On se rappelle de la vidéo d’un viol collectif sur une jeune fille (mise sur Facebook) qui a suscité beaucoup d’indignations au Mali récemment  jusqu’à ce que les auteurs furent identifiés et traduits à la justice ou encore l’image d’un homme d’une soixantaine d’années pris avec une fillette de trois ans dont il voulait abusait sexuellement (un cas de pédophilie) mise en ligne. C’est pour dire que l’enfant exposé à des pareilles images court un grand danger, car il n’est pas mature, fragile, vulnérable.  Outre cela, il ne veut reproduire que ce qu’il voit faire les autres. Donc, ils peuvent vouloir ou tenter de faire l’expérience.
En définitive, il convient de reconnaître que le numérique est un moyen incontournable dans notre vie dont il est difficile de s’en passer malgré  tout il reste un privilège pour certains. 


Toutefois, les enfants aussi doivent en profiter. Mais, nous devons  tâcher de les surveiller de près  pour qu’ils en fassent bon usage. Aussi, assurer que cela ne soit pas un handicap pour eux d’apprendre leurs leçons et faire leurs exercices à domicile. Ce qu’ils apprennent dans la télé ou dans les bases de données en ligne ne doit pas prévaloir sur ce enseigné à la maison ou à l’école. C’est en cela, la vie numérique ne peut être que bénéfique pour eux, et pour leur épanouissement. Sinon le contraire pourrait être produit s’ils sont laissés à eux. Vous êtes prévenus chers parents ! 


 

Éducation

L’éducation au Mali: Quand les parents se désengagent

L’éducation est ce moyen qui permet d’inculquer à l’enfant les valeurs et normes de la personnalité humaine pour faciliter son insertion dans la société. Sans controverse, elle se passe essentiellement dans trois cadres: la famille, la rue et l’école. Dans chaque cadre, chacun joue un rôle dans la formation de la personnalité humaine. Ainsi, ces trois niveaux restent complémentaires. 

Autrefois, l’éducation des enfants fut l’affaire de tout le monde. Elle avait pour dessein d’ apprendre aux enfants des valeurs comme le respect dû aux aînés, la politesse, le sens de la solidarité, etc. C’est ainsi que l’enfant, quand il faisait des bêtises, il était aussitôt rappelé à l’ordre par un aîné  présent sur le lieu des faits. Mais, force est de constater que dans nos sociétés actuelles, surtout dans les villes de mon pays, on assiste à une sorte de renversement des valeurs. Tout ce qui était considéré comme mauvais, honte est devenue bon,  fierté. Cet état de fait laisse des conséquences néfastes (banditisme) dans nos sociétés. 

 

Alors, comment expliquer ce phénomène de renversement ? 

Ce revirement est à comprendre dans le seul compte du désengagement des parents dans l’éducation des enfants. C’est dire que les parents ne donnent plus d’importance à l’éducation comme auparavant. Ils sont plutôt préoccupés par le travail auquel ils consacrent une grande partie de leur temps. C’est la raison pour laquelle nous constatons que ce délaissement se manifeste plutôt  dans les familles nucléaires (les parents et les enfants) surtout quand les deux parents travaillent. Dans celles-ci, les enfants sont laissés à  eux-mêmes ou entre les  mains des bonnes. Ce cas est surtout fréquent dans nos milieux urbains. Par contre dans les familles étendues ( au village ), même si les parents sont pris par leur travail, il y a toujours d’autres gens (parents ) pour s’occuper des enfants. C’est le même constat que nous fait un sociologue malien, chercheur et professeur d’université, Bréma Ely Dicko dans un entretien qu’il m’a fait l’honneur d’accorder:  Le désengagement, on peut en parler surtout dans les familles nucléaires et c’est essentiellement un phénomène urbain. Sinon dans les campagnes, il y a d’autres personnes qui aident les enfants à comprendre les choses et qui peuvent les corriger au besoin. 》

Oui, c’est un phénomène urbain et non rural en ce sens que les réalités de la ville sont tout à fait différentes de celles du rural. Au village, la vie est « facile », coûte moins cher. Tandis qu’en ville, elle devient difficile et souvent insupportable pour beaucoup à cause de la cherté de la vie, des charges et dépenses plus élevées. Donc le couple en ville a besoin « de travailler et de diversifier les richesses », nous confie Dr. Bréma Ely Dicko.

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              Famille nucléaire                     Crédit photo: google image                 

Outre cette réalité, il y a un autre aspect qui se manifeste chez l’enfant dans la rue. La rue qui est sensée être l’environnement où l’enfant apprend avec ses amis considérés comme de bonnes compagnies est devenue un  environnement hostile à cet être immature. Dû à la fréquentation des mauvaises compagnies, il peut ne pas respecter les bonnes conduites apprises dans sa famille. Chez nous, nous voyons que la plupart de nos enfants passent plus de temps dans la rue que dans la famille, et souvent dans des conditions déplorables. À ce titre, l’école leur devient dérangeante, ennuyeuse et en conséquence, ils s’adonnent à l’alcool, à la cigarette, etc.

《Il arrive que les enfants aient d’autres camarades dont les parents ont démissionné. Par effet d’entraînement, ils peuvent être livrés à eux-mêmes et se retrouver dans des situations peu confortables, contraires à l’éducation reçue dans la famille.》                   B. E. Dicko                                              20180110205815

   Crédit photo: google image 

À cela s’ajoute aussi les effets des médias et de l’Internet (s’ils enseignent autre chose que celle dans la famille) qui peuvent affecter les comportements des enfants surtout quand ils en ont accès. C’est ce qui fait que les enfants ont tendance parfois à considérer les parents comme des conservateurs, car ils veulent reproduire la vie numérique, nous dit notre chercheur. À noter que cette vie numérique, ceux du rural en ont peu connaissance ou pas du tout à plus forte raison de vouloir la reproduire. C’est la réalité de nos villages. Avant, même si les parents démissionnent, il y avait toujours la société pour éduquer les enfants. Mais de nos jours, chacun a peur de toucher à un enfant d’autrui, car s’il le fait, il risque d’être convoqué à la police ou à la gendarmerie par le parent de ce dernier, nous rappelle notre notre sociologue. Et cela ne peut avoir que des conséquences néfastes sur  l’enfant et sur la société.

 

Quelles sont ces conséquences ? 

« Les enfants d’aujourd’hui sont mal élevés, ils sont impolis et ne respectent personne. « 

Voilà une expression que beaucoup de parents maliens aiment prononcer pour justifier ou expliquer l’absence du minimum de conduite morale de nos jeunes d’aujourd’hui. En outre, on peut se rendre compte que cette expression en dit long. Le vol, la corruption, le mensonge, le banditisme, l’adultère, le manque de respect, etc. ; qui caractérisent nos sociétés actuelles surtout urbaines relèvent de ce phénomène du désengagement des parents dans l’éducation des enfants.

《Si chacun est laissé à lui-même, il y a le vagabondage qui peut se développer. Il y a des crises intergénérationnelle qui peuvent créer un déficit de communication et disloquer les tissus sociaux. 》B.E.DICKO

 

       Alors, que faut-il faire ?

L’important est que nous devions revenir aux fondamentaux, c’est – à – dire  revaloriser l’éducation qu’elle soit dans la famille, dans la rue, à l’école ou même sur le lieu de travail, des cadres fondamentaux pour la socialisation de l’homme. Chacun doit nécessairement s’y investir.

《L’éducation doit être une affaire collective et non au niveau d’un couple parce qu’aucun couple seul ne peut éduquer correctement ses enfants. Même si vous les éduquez à votre image, les enfants sont appelés à vivre dans la société. Et, c’est elle qui va les consommer finalement d’une certaine manière. Donc il est important que les parents acceptent que la société ait un regard sur les questions des enfants.》                   B.E.Dicko

Autrefois les grands-parents avec les contes se chargeaient de véhiculer des messages pleins de sagesse qui permettait à l’enfant d’être sage. Mais aujourd’hui les enfants préfèrent passer leur temps sur les réseaux sociaux que d’écouter des contes. Donc il faut revaloriser aussi la place des grands-parents, nous dit le professeur Dicko.

En conclusion, nous conviendrons de dire que dans notre pays, le désengagement des parents relève de plusieurs circonstances comme celles du travail ( ou le refus que la société intervient dans l’éducation des enfants ) même si dans certains cas, d’autres facteurs peuvent entrer en jeu pour contraindre les décisions des parents ou de la société. Aussi, c’est un phénomène urbain qui se manifeste fréquemment dans les familles moyennes ou les deux parents travaillent surtout. Par conséquent, ce phénomène ne peut que résulter des mauvais comportements ou  mauvaises conduites, voire des cas de crime chez l’enfant et dans la société comme le vagabondage, le banditisme. Cependant, il faut revenir aux fondamentaux et redonner de l’importance aux grands-parents pour leur rôle éducatif. L’éducation doit être l’affaire de tous.

Alors, chers parents, rien n’a plus de valeurs que nos enfants et leur éducation. Donc, tachons bien à leur assurer une bonne et meilleure éducation pour leur propre bien et celui de la communauté!

Éducation

IBK: LES ÉTUDIANTS: de chacun un ordinateur à 13.000 tablettes empoisonnées

La politique « Un étudiant, un ordinateur » a longtemps été sur toutes les lèvres dans le milieu estudiantin malien. En fait, c’est une  promesse faite aux étudiants maliens par le « kankelintigui » de 2013 (celui tenant toujours ce qu’ il promet), Ibrahim Boubacar Keita à l’occasion de son discours de fermeture de campagne pour les présidentielles de 2013 au Mali. Quatre ans après son élection à la tête de la présidence malienne, où en sommes – nous avec cette promesse?

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Crédit photo: google image 

Au fait, le projet « Doniya, un étudiant – un ordinateur » est un projet qui permet à chaque étudiant de se doter d’un ordinateur portable pour lui faciliter l’accès à l’Internet, à l’information, à la mutualisation de la connaissance etc. Donc, il consiste en quelque sorte à améliorer les conditions d’étude et de recherche des étudiants.

 

Trois ans d’attente, on pensait que cette promesse allait être une réalité. Lors de la cérémonie d’ouverture de la deuxième rencontre des ministres francophones ténue en 2016 à Bamako ( au palais présidentiel), le président IBK laissa entendre que le projet allait être mis en œuvre dès la rentrée universitaire 2016 – 2017. Certes, ç’ a été dit mais rien n’a été fait au cours de cette année.

 

Aujourd’hui, nous tendons vers une nouvelle année académique malgré les grèves interminables enregistrées au cours de l’anné en ce sens qu’il y a eu lieu déjà la cérémonie de la rentrée sollennelle des universités et grandes écoles du Mali. Et, c’est maintenant qu’ on nous parle des 13.000 tablettes ( dans le premier conseil des ministres du gouvernement Boubeye, cinquième gouvernement sous les ordres du président IBK) au lieu des ordinateurs pour tous afin de nous faire oublier ou soulager avec celles-ci et d’acheter nos consciences. Sinon, pourquoi attendre tout ce temps?

ou bien par ce que nous sommes à quelques mois des présidentielles 2018?

 

Pire, tous les étudiants ne pourront pas bénéficier de ces tablettes étant donné que leur effectif pléthorique dépasse les 13.000 . D’ailleurs, le président lui – même le sait puisqu’en 2016 (dans cette fameuse cérémonie d’ouverture de la deuxième rencontre des ministres francophones ), il estima l’effectif des étudiants dans les universités publiques maliennes à environ 120.000 et il est conscient de la possibilité de croissance. Ainsi, quel est l’effectif total de nos étudiants au jour d’aujourd’hui ? Le choix de ce nombre de tablettes a – t – il été fait en tenant compte de l’effectif global des étudiants dans les universités publiques?

Quelles sont les modalités d’attribution de ces tablettes?

En tout cas, des explications peuvent surgir  de part et d’autre sauf de nous faire croire que cet effectif de 2016 ait baissé à plus forte raison d’être jusqu’au niveau de 13.000 étudiants et que cette attribution n’aurait pas un impact sur nos bourses.

 

Entre temps, on peut même penser que le véhicule offert aux membres du bureau de la coordination nationale du syndicat estudiantin malien ( il y a quelques mois) par IBK à koulouba consiste à l’oubli de ce projet chez les etudiants et à leur achat de conscience. Sinon il y a des problèmes plus graves, plus importants et plus préoccupants dont souffre le milieu scolaire et universitaire malien ( grèves interminables; violence parmi d’autres ) dont il faut nécessairement et urgemment trouver des solutions efficaces et durables.

 

En conclusion, nous dirons que ces tablettes sont des cadeaux empoisonnés. Avec elles, bienvenue à la magouille et la surfacturation. En plus,leur attribution ne résout rien de tous les maux que connaissent le secteur de l’enseignement en général et de celui du supérieur public en particulier au Mali. Mais elle consiste à un achat de conscience pour des fins personnelles et égoïstes, c’est – à – dire elle consiste à hausser sa côte de popularité ( celle d’IBK) dans le milieu estudiantin.

Cependant, chers étudiants, nous ne devons pas nous laisser avoir une nouvelle fois. Qu’on soit bénéficiaire ou pas, nous devons choisir nos candidats en toute conscience et en toute responsabilité.

Éducation

l’Université de Kabala, quelles difficultés et quelles solutions pour ses étudiants?

 Bâtie sur 103 hectares pour un coût total de 80 milliards de franc CFA , composée de 7 blocs pédagogiques et leurs annexes, une administration centrale, quatre blocs d’hébergement, un restaurant universitaire de 2500 places, un centre commercial, une cafétéria centrale, une salle polyvalente, des terrains de sport, un centre de santé universitaire, la cité universitaire est d’une grande réalisation architecturale ultramoderne avec des technologies de dernières générations.

Mais ses voies d’accès présentent une grosse menace,voire même mortelle pour ses usagers en général et pour les étudiants en particulier. Outre cela, d’autres problèmes existent notamment des problèmes liés aux déplacements des étudiants et les frais que ceux-ci leur coûtent. Cependant il faut nécessairement et urgemment y trouver des solutions.

KABALA, on se plaint de sa distance

Le deuxième pôle universitaire de Bamako est situé entre les villages de Kabala et de N’golobougou, des quartiers périphériques de bamako. Par conséquent il est loin, voire même très loin pour certains en matière de déplacement et des frais de transport.
Pour aller prendre leurs cours, les étudiants se déplacent en grand nombre dans des SOTRAMAS, des véhicules de transport en commun et en nombre restreint à motos.
Cependant, il faut payer ses frais de transport ou de carburant pour pouvoir s’y rendre. Car il n’y a pas et il ne saurait avoir de service gratuit chez les « apprentis- sotramas » à plus forte raison dans les stations et points de vente de carburant. Nous sommes avec notre temps car notre monde est devenu un monde capitalisé et capitalisable où le profit prend le dessus sur le social.
Malgré cela, les bourses et les trousseaux étant les principales sources de financement pour les étudiants les bénéficiant sont toujours tombés en retard, voire vers la fin de l’année académique. C’est d’ailleurs ce qui fait dire à Kadia DJIGUIBA, étudiante en licence philosophie qu’il y a un problème financier. Elle l’exprime en ces termes, « les bourses sont livrées jusqu’à la moitié de l’année universitaire. Donc les frais de déplacement ou de transport posent problème en ce sens que celles-ci constituent notre espoir financièrement parlant ».

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Sagaïdou BILAL@Caméra: SOTRAMA

LA ROUTE DE KABALA est une route qui mène à sa tombe

La route de kabala est la principale route qui relie ce quartier périphérique à la ville de bamako. C’est une vieille artère fréquemment fréquentée pendant toute la journée par des usagers de toute sorte et des vehicules de tout poids, dont les CAMIONS-Benz qui font des morts continuellement et quotidiennemt parmi les usagers de cette route et surtout chez les étudiants. Cette route est petite par sa largeur. Pire, elle est ensablée à ses bords et salle. Comme le remarquent certains usagers, « sur ce sable, tu touches au frein (moto) et tu es à terre surtout quand tu es en excès de vitesse ».

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Sagaïdou BILAL@Caméra

En une année, elle a fait du côté des étudiants et des professeurs cinq décès dont quatre étudiants et un professeur de statistique (Pr. CISSE décédé le 03 juillet 2017). Parmi ces étudiants, nous avons entre autre Oumar N. Coulibaly, licenceI et Abdoulaye Guindo – maitrise anglais. A cela s’ajoutent d’autres blessés.

Vue ces cas, les étudiants sont frustrés et expriment leurs colères car chacun d’eux a peur de perdre sa vie dans des circonstances pareilles.

Alors, comment doit-on faire pour remédier à ces problèmes ?

Partant du principe selon lequel tout problème implique nécessairement et inéluctablement une solution, voire des solutions, nous proposons des pistes de solution d’une part à l’État malien et d’autre part aux étudiants pour résoudre ces problèmes.
Les autorités maliennes ou l’association des élèves et étudiants du Mali(A.E.E.M) doivent organiser une campagne ou des campagnes de sensibilisation et d’information sur les codes de la circulation routière à l’endroit des chauffeurs de camions Benz conduisant régulièrement sur cette route et d’ailleurs à Bamako.
L’État malien doit aussi réaménager la route de Kabala en la rendant moderne (deux voies) et de mettre le projet de construction de la route allant de Kabala à l’aéroport de bamako-cenou des deux voies en œuvre.
Outre ces mesures, Ozone, une entreprise marocaine installée au Mali, œuvrant dans le domaine de l’assainissement, en contrat avec la mairie du district de Bamako, doit régulièrement faire un tour sur le long de cette route pour la rendre propre. A défaut de cela, que les étudiants avec l’a.e.e.m. le fassent volontairement de temps en temps.
S’agissant de la tombée de bourses, le centre national des œuvres universitaires(CENOU) et le ministère de l’économie et de finance du Mali doivent faire en sorte que les bourses et les trousseaux soient livrés à temps. Le CENOU doit également mettre en ligne les auto- bus dès les premières semaines de la rentrée et en grand nombre pour faciliter les déplacements des étudiants et à moindre coût.
En attendant, chers étudiants, nous devons faire preuve de prudence et de civisme sur ces voies d’accès à l’université de Kabala, port de casque, éviter de conduire en excès de vitesse. En tout, respecter les codes de la route tout en donnant priorité à nos vies. Il faut faire comme du caméléon sur cette route et partout dans la circulation.

Certes ce deuxième pôle universitaire a été créé pour améliorer l’environnement de la formation et de la recherche au Mali, mais il reste beaucoup à faire car on rencontre des grosses difficultés pouvant nous coûter la vie. Cela ne veut pas dire que nous n’apprécions pas la réalisation de cette cité, mais ce sont nos vies qui comptent les plus à nos yeux. Donc nous dirons que c’est un bon travail mais un travail inachevé.