Éducation, Droits de l'homme

Monologue d’un enfant manqué d’éducation…

Salut ! Dans quelques heures, ce sera la rentrée des classes. Les enfants vont devoir reprendre le chemin de l’école comme ils en ont droit, mais disons qu’ils n’y seront pas tous.

Moi, Aïssata, bientôt j’aurai 15ans. Cela fait 6ans que je suis privée d’école dans mon village comme beaucoup d’autres d’ici ou d’ailleurs. Oui, six ans que j’ai vu mes rêves brisés. Il y a six ans, j’étais encore sur le banc comme j’en ai bien droit.  J’étais le chouchou de mon école, l’aimée et la respectée de mon école. Mon directeur d’école, Alpha, était comme un père pour moi, il me soutenait et me traitait comme sa fille benjamine Alima car, à ses dire, j’avais du potentiel en moi et j’avais besoin d’être aidée pour devenir la grande dame que je souhaiterai devenir.

Oui, j’étais une fille brillante à l’école. Je travaillais dur pour surclasser mes camarades de classe et pour continuer à nourrir des forts espoirs en moi. Mon professeur, Aliou, avait l’habitude de me dire que la seule façon pour une fille de devenir autonome, de nos jours, est d’étudier et de se fixer des objectifs à atteindre. Je voulais être une fille instruite et autonome comme notre institutrice, madame Jeanne l’est.

Je rêvais de devenir une infirmière, une grande infirmière, quand je serais grande et avoir fini mes études pour soigner les malades comme le faisait Tantie, Faty, au dispensaire. J’aime bien son métier et je la prenais pour modèle. Mais voilà que je suis privée de mes études depuis que ces méchantes personnes sont devenues les maîtres du village. Ils ont forcé Monsieur Alpha et autres qui s’occupaient de nous à l’école à quitter le village et l’école est fermée depuis. Cela me rend triste et je ne sais plus quoi faire. Il m’arrive souvent de faire un tour là-bas pour me conforter et prier pour que Alpha revienne ici. Il me manque et je sais aussi que je lui manque. Si ce n’est pas que ma mère a refusé, je suis déjà partie avec eux depuis comme il le voulait.

Attendez ! Papa est de retour, il faut que je fasse comme tout va bien sinon il sera triste à me voir ainsi.

À suivre…

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Droits de l'homme, Faits divers

Du poisson d’avril à la prison: revoyons nos jeux 

On est au mois d’avril. Avril où informations et rumeurs se mélangent abondamment et constamment, voire le prima de la seconde sur la première à tel point qu’on se perd souvent à distinguer la vraie information de la fausse. En d’autres termes, qu’est-ce qui est à prendre comme information et ce qui ne l’est point. L’Internet, les réseaux sociaux, la rue et même des journaux sont des canaux par lesquels certains se plaisent à fabriquer intentionnellement des histoires ou scènes,  de toute pièce avec un style humoristique ou presque, qui n’ont pas eu lieu dans le temps ni moins dans l’espace. En tout cas, pas pendant ce temps. Et pire, beaucoup prennent celles-ci comme de l’argent comptant ou se plaisent à mentir volontairement parce qu’on est en avril, lequel mois où le mensonge est permis partout et pour tous puisqu’on se doit d’employer le groupe des noms, « poisson d’avril » pour s’éclater de rire les uns les autres. Mais dans quel intérêt le fait-on ? Ternir l’image de la cible ou de faire du buzz pour son propre compte ?  Apprécierait-elle ce traitement à son égard  quand elle le saura? Cela peut-il tenir son image ? Le mérite-t-elle vraiment ? N’y a-t-il pas là une atteinte à sa personne morale ou physique ? Peut-il vous traduire en justice et pour quel motif ? Des questions qui méritent d’être pensées et posées par quiconque s’adonnant à ce phénomène avant de faire son truc. Ma prétention est loin de faire l’avocat de qui que ce soit comme l’auraient fait certains notamment les spécialistes en la matière, mais de partager avec vous dans ces lignes qui suivent un cas de poisson d’avril dont j’étais témoin dans mon quartier qui a failli mal se tourner pour son initiateur. 

C’était hier à Sebenicoro en commune IV du district de Bamako (Mali), plus précisément à Sebenicoro-bada (au bord du fleuve) derrière la résidence de l’ambassade du Japon au Mali où cette scène s’est produite. C’était aux environs de 14heures, une famille non loin du lieu a été informée d’une supposée noyade d’un de leurs enfants dans le fleuve par une de leurs connaissances par téléphone. Informée ainsi,  toute la famille est du coup, tristement et précipitamment,  descendue, sous le soleil fortement rayonnant, pour chercher le « cadavre » de leur petit. À leur arrivée sur le lieu, ils ont appris que la triste scène n’a pas eu lieu là-bas par des gens sur place, des exploitants de sable et de gravier, maîtres du lieu. C’est comme cela, on leur a fait comprendre qu’il s’agissait peut-être d’un poisson d’avril. Un gros soulagement pour beaucoup, mais Fatim (nom que je lui colle ici), tante et mère adoptive du gamin, est du genre à ne pas se laisser faire malgré qu’elle soit  une personne de nature timide. 

Pour la petite anecdote, lorsqu’elle est descendue de son véhicule à sa venue et qu’elle reçut au même moment un appel entrant sur son téléphone, elle n’a pas pu le décrocher tellement qu’elle fut sous le choc avec des mains tremblantes évidemment. Elle a dû le passer à quelqu’un d’autre pour le faire. C’était son mari qui a appelé. Il était en train de venir et voulait en même temps s’imprégner des dernières nouvelles sur la situation.

Entre temps, il a été conseillé à la dame de rappeler le lanceur d’alerte pour s’assurer bien, une dernière fois, s’il ne s’était pas trompé de lieu. Ce dernier a confirmé avant de révéler la nature de son jeu: poisson d’avril. Comme justificatif, il avançait ceci: « je voulais juste savoir  si l’on a de l’affection pour l’enfant dans sa famille. Et, comme on est en avril, j’ai lancé cette fausse alerte pour voir si on allait se mobiliser massivement  pour chercher son corps. Chose que vous avez faite. » Avant de rassurer à son tour la famille et les autres présents là-bas : « L’enfant, il est actuellement avec moi. Il est sain et sauf. « . 

Bouleversée par ce qu’elle venait d’entendre au lieu de retrouver son souffle normal comme beaucoup sur-le-champ, Fatim répondit au monsieur en ces termes: « Mon cher, tu vas expliquer cela à la police… »

Imaginez ! D’un poisson d’avril, on était à deux doigts de passer à la Samuel Éto’o fils-jeune Afrique. 
Mais heureusement ou malheureusement, il y a eu des gens qui lui ont supplié de ne pas le faire, de laisser ce dernier avec sa conscience. Demande qu’elle finit par accepter pour le  respect et la considération qu’elle manifeste envers ces derniers-là. Si seulement ces gens ne sont pas intervenus, le lanceur d’alerte serait, au moment même où je m’apprête à boucler ce billet, entre les mains de la police. 

À noter aussi que si la nommée Fatim est revenue sur sa décision, d’autres, à sa place, ne le feront sans doute pas. Alors, disons que si l’on peut arrêter avec les poissons d’avril ou du moins savoir dans quelle sauce les mettre, ce serait mieux !