Éducation, Droits de l'homme

Éducation au Mali: Qui pour leur dire qu’on veut étudier ? 

Nos aînés, des années 1960 – 1990, se glorifient de la qualité de l’Education qu’ils ont reçue. Mais depuis quelques années, cette qualité d’enseignement semble disparue de nos établissements d’enseignement notamment publics. Tout le monde s’en plaint et s’accuse mutuellement. Je prends donc ma plume aujourd’hui pour écrire un coup de gueule sur ce phénomène se situant dans un secteur qui me tient beaucoup à coeur qu’est l’éducation. Pour parler donc un peu de l’étudiant malien et de son niveau qui fait toujours jaser. Mais aussi pour dire non à ces grèves répétitives qui continuent de paralyser le secteur de l’éducation au Mali. 

D’abord notre français est difficile…

Nos aînés dont leurs attestations du baccalauréat furent imprimés sur du carton dur disent que nous, avec du bac imprimé sur papier, n’avons pas de niveau. À leurs yeux, nous ne lisons pas, d’ailleurs nous ne savons pas lire ni bien écrire et n’aimons pas faire des recherches. Nous ne savons pas formuler une phrase simple correcte ( sujet + verbe + complément) à plus forte raison de construire une phrase complexe. 
Notre français est difficile à comprendre pour celui qui n’est pas de notre génération ni dans notre monde. Car ce n’est ni le français avec lequel jouait Molière dans ses pièces théâtrales ni moins celui de la francophonie où Senghor ou Aimé Césaire et consorts prenaient du plaisir à composer en vers ou en prose pour défendre les couleurs de la Négritude. Ce n’est également ni le français de la métropole. Notre français, c’est du charabia, c’est du français composé et complexe. C’est le français bamanakanisé-du français mélangé avec des termes de la langue bamanan. C’est du français fulfuldé – avec des termes peulhs. Du français sonrhaïnisé – du français avec des vocables de langue songhoy, pour ne citer que ces langues nationales avec lesquelles, on compose notre français pour mieux nous exprimer en l’aise. C’est du français truffé des fautes grammaticales et orthographiques pour d’autres. Chez nous, les règles grammaticales ont peu d’importance. D’ailleurs, ce style, seuls l’auteur de Allah n’est pas obligé, Ahmadou Krouma ou celle de Quand les cauris se taisent, Fatoumata Keita, semblent pouvoir le tolérer. Pour ces derniers, le français n’est pas aussi riche pour exprimer totalement certains termes de nos langues et que certaines réalités africaines ne peuvent mieux être exprimées et expliquées que dans nos langues africaines. Si eux le font volontairement et à merveille nonobstant leur parfaite maîtrise de la langue de Molière, nous, nous le faisons parce que nous n’avons pas le choix. Parce que nous n’avons pas une bonne maîtrise de cette langue qui est la langue officielle dans notre pays. Parler un bon français, c’est un privilège ici et qui n’est pas donné qu’à un cercle restreint de notre génération. 

À la fac, certains, faisant partie de ce cercle, sont souvent enviés ou méprisés par les uns et les autres. Mais notons qu’ils sont beaucoup méprisés qu’enviés. 

 Il le sait et nous en remercie… 

Autre chose, quand nous disons que nous sommes étudiants ou diplômés d’une Université Publique de la place, ils rient et nous leur faisons pitié. Eux, ce sont nos camarades des familles aisées qui fréquentent des établissements privés de la place ou des universités sous d’autres cieux. Eux, c’est tous ceux qui s’en moquent, de notre situation. 
Raison pour laquelle nous n’aimons pas beaucoup parler surtout quand nous nous trouvons face à eux. Ce n’est pas toujours  évident n’ont plus de connaissance que nous, mais il est évident qu’ils sont des « bons orateurs » et que nous, nous sommes mauvais orateurs. C’est pour cela, on préfère garder le silence sous prétexte de ne pas nous faire humiliés dans un milieu où c’est les talents d’orateur qui sont mis en avant. 

À la fac, nos enseignants-mêmes se plaignent de nous, de notre niveau  et on se plaint d’eux avec leur gros français surtout quand ils nous racontent leurs aventures estudiantines occidentales ou s’aventurent dans des pensées qui semblent détachées de nos réalités, le quotidien à nous. Le quotidien de l’étudiant malien pour reprendre un peu le célèbre titre de mon aîné et estimé, Boubacar Sangaré, Être étudiant malien.

Nous ne partons pas à la fac pour la Recherche de la Connaissance mais pour le diplôme. À la fac, nous courons derrière le diplôme, mais ne savons pas courir et n’avons pas l’audace de courir derrière le Savoir. C’est le diplôme qui nous intéresse et nous sommes conscients qu’après nous ne saurions faire que le Gardien à la maison pendant que d’autres sont occupés au bureau ou ailleurs.  

À la fac, c’est la loi du jungle. C’est la loi du plus fort. C’est les armes et non le stylo ni moins la tête. Ou La loi du plus offrant qui y est dictée. Et le moins fort et le moins offrant meurent à petit feu. Une AEEM-Association des Élèves et Étudiants du Mali – qui dicte sa loi par la violence, qui fait parler les armes. Et, des enseignants qui dictent la leur par le bic rouge pour des services plus ou moins indignes (imposition de l’achat des support des cours magistraux, le service du bas ventre ou versements de fonds pour passer à la classe supérieure). Dans ce cercle, le mérite est un concept vidé de sens de toute valeur. Ce n’est pas certes pareil partout, mais que nous en connaissions tout de même.  

Nos professeurs le savent et ils nous rendent la tâche plus aisée. L’Etat le sait et il nous remercie pour cela. Dans ces conditions, comment voulez-vous que nous puissions tenir tête aux revenants de Harvard, de Paris, de Londres, de Berlin, de Pékin, de Moscou ou encore de tout près de nous, de Dakar ou aux diplômés de nos universités privées de la place ? L’auto-formation, bien sûr. Mais pour quel coût ? C’est qui est sûr, nous sommes victimes d’un mauvais système qui ne dit pas son non. Et ce, à tous les niveaux, du préscolaire jusqu’à la fac en passant par le fondamental et le secondaire. La preuve par ces grèves répétitives des enseignants – du préscolaire au secondaire public – depuis la rentrée académique et donnent même à penser aux uns et aux autres une année blanche.  
C’est maintenant que pays semble se trouver complètement à terre et il faudrait de toute urgence l’aider à se relever. Il y est par cette situation qui sévit le secteur de l’Education Nationale et qu’il se doive de tenir debout par cette même Éducation, mais à un niveau meilleur. Trop de larmes sur mes yeux, mon coeur pleure et mon pays confus sur son avenir ! Trop, c’est trop ! Il faut que ça s’arrête ! Dites-leur que nous voulons étudier !!! 

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Droits de l'homme, Société

Disons STOP au mariage des enfants! 

       Fille en mariage                                          

En parlant de fille en mariage                  

Précoce ou forcé ce mariage                      

Ou dois-je parler en âge                                  

La regardant enfant                              

En mariage à 14 ou 15ans                

Normal pour certains à 14 ans              

Pour d’autres à partir de 15 ans


Lequel normal pour enfant                        

À 14 ans, elle est encore enfant                    

À 15 ans, elle est encore enfant            

Prise comme mineure, enfant                  

Elle est fragile et immature                      

Son corps fragile et non mûr                    

Son esprit encore immature                  

Pour elle, c’est vraiment dur 


En enfant, elle est à l’école                      

C’est son droit d’être à l’école                  

C‘est nécessaire pour elle                            

C’est recommandé pour elle                      

Est-elle prête pour mariage                    

Loin d’être facile vu son âge              

Difficile avec les défis-mariages        

Difficile de concilier études et mariage 


Surtout si elle est enceintée                            

Vu son statut, c’est compliqué                  

Oui c’est facile d’être engrossée            

Mais difficile pour elle d’accoucher  

Énormes sont ces conséquences              

Liées au mariage précoce                            

À 18 ans elle n’est plus dans l’enfance  

Majeure, prête pour y faire face


Mentalement, psychiquement prête 

Aussi physiquement prête 

Pour être en mariage 

Pour faire le mariage 

Car elle est à présent grande
Une fille majeure, une grande

Oui, 18 ans est l’âge normal 

Tout âge vant 18 ans est anormal 


Alors dénonçons le mariage forcé       

Luttons contre le mariage précoce  

Mettons fin au mariage forcé        

Disons Non au mariage précoce            
Pour le bonheur de nos enfants            

Pour la sécurité, la protection des enfants  

Pour une fille épanouie et épanouissante    

Dans un milieu épanoui et épanouissant 

Rapporté par Mikado FM, la radio des nations unies au Mali, de la MINUSMA, dans un tweet 

Un pays comme le Mali, le mariage des enfants est très fréquent. Par des justifications religieuses et coutumières ou pour des situations financières (Difficiles), les filles sont souvent données en mariage par leurs parents ou proches sans leur consentement ni qu’elles aient l’âge légalement et mondialement considéré comme normal qui est 18 ans. Cette situation n’est pas sans conséquence sur la fille. Elle se traduit chez elle, le plus souvent, par un abandon de l’école si elle est y déjà inscrite. Si elle venait à concevoir une grossesse, c’est tout un autre gros problème surtout quand on sait que les soins sanitaires de proximité sont moindres dans le pays et que leur coût soit encore élevé. Pire, l’Etat malien considère la fille à partir de 16 ans comme déjà majeure pour se marier. Alors que cette même fille à 16 ans n’est pas majeure pour voter quand il s’agit d’élection. Quelle incohérence !!!  

C’est reconnaître tout simplement que le Mali n’honore pas ces engagements internationaux en la matière. C’est vraiment triste et déplorable !!!! 

Droits de l'homme, Politique

Entreprenariat Feminin au Mali, Quand les femmes se retrouvent dans un atelier de réflexion… 

Dans la matinée du 29 novembre 2018 a eu lieu à l’hôtel Maeva Palace  l’ouverture des travaux d’un atelier de deux jours initié par le gouvernement malien à travers son département ministériel de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et appuyé par OnuFemmes à travers sa structure au Mali. C’est un atelier de réflexion stratégique sur l’entrepreniat Feminin au Mali. Une occasion pour les femmes entrepreneures maliennes de se retrouver entre elles pour parler de l’entreprenariat Feminin dans le pays et de leurs expériences dans le domaine : comment se porte-t-il ? Quelle est sa place dans l’économie nationale ? Quels sont les défis auxquels elles font face ? Quel cadre législatif  pour la promotion de l’entrepreniat Feminin ? Tant des questions du genre font l’objet de cet atelier qui prendra fin par des recommandations qui seront faites par les participants et participantes à l’issue des travaux de réflexion par groupes. Cet atelier d’échange et de réflexion stratégique s’est ouvert par les interventions respectives de la Vice -Présidente du Réseau des femmes opératrices économiques du Mali – Mme Kébé Tantou ,  de la Représentante résidente de l’onu-femmes au Mali – Mme Béatrice Eyong , de la représentante du Ministère de la Promotion des Investissements et du Secteur privé – Mme Ag Erless Oumou Coulibaly, de madame la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille – Dr. Diakité Aïssata Traoré ; et  par le lancement officiel du Site Internet des Femmes Entrepreneures au Mali.  

La place de la femme dans l’économie nationale…

Dans les différentes allocutions, les intervenantes n’ont pas manqué de saluer l’initiative d’organiser cette activité et tour à tour ont rappelé la place de la femme dans la société dont notamment sa place dans l’économie nationale et dans la gestion et la prévention des conflits. Mme la vice-Présidente du Réseau des Femmes entrepreneures , Mme Kébé Tantou Sambaké, commence par rappeler le contexte de la crise de 2012 à aujourd’hui au Mali et le rôle des femmes dans la prévention des crises. Un rappel qui sera bien appuyé par Mme Béatrice Eyong qui dira que « la femme malienne est la clé de la stabilité et de la paix ». Madame Kébé rappelle également que les femmes évoluent également dans le domaine de l’Economie avant de saluer comme ses autres soeurs l’Etat Malien pour son engagement dans la promotion du genre et l’encourage à oeuvrer davantage dans ce sens. Un fait qui s’explique chez la ministre Traoré  par le fait que de 2002 à nos jours, beaucoup de réformes et politiques ont été menées par le gouvernement malien afin de créer un cadre législatif pour la promotion de l’entrepreniat Feminin. Quant à Mme Béatrice Eyong , après avoir salué leurs partenaires techniques et financiers, réitère le soutien de son organisme à l’Etat malien dans la promotion du genre et en donne la garantie  avant de se réjouir de cette activité qu’est la première officielle sous sa direction depuis sa prise de fonction au Mali, il y a une semaine environ. Elle n’a pas manqué de la situer aussi dans son cadre. Elle l’exprime en ces termes: « Quel meilleur contexte pour débuter mon travail, que cet atelier hautement stratégique. Aiguiser la capacité d’innovation des femmes, la capacité de concevoir, de mettre sur pied et de gérer une entreprise est une contribution inestimable à leur épanouissement et à leur autonomisation. »  

Bref…cet atelier, bien qu’initié par le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, se situe dans le cadre du programme de l’Onu femmes intitulé Initiative pour la Promotion et l’Apui à l’Entreprenariat Feminin-IPAFE .

Présentation et Lancement du Site Web

Capture d’écran de la page d’accueil du site

Après son allocution et la déclaration de l’ouverture de l’atelier, Mme le ministre, Dr. Traoré Aïssata Diakité, a procédé au lancement officiel du Site Internet des Femmes entrepreneures au Mali après que celui-ci a été présenté à l’audience. Ce Site est une plateforme concise avec l’appui de l’Onu femme. Il consiste à soutenir de façon générale l’entreprenariat au Mali et en particulier l’entreprenariat Feminin. Il permet notamment  aux entrepreneures de faire leur promotion et celle de leurs produits suivants les secteurs dans lesquels elles évoluent, mais aussi de les fédérer autour de cette plateforme numérique… Pour plus, vous pouvez le visiter sur ce lien, http://www.annuairemalimuso.com .

À rappeler que les recommandations issues de ces jours d’atelier de réflexion stratégique sur l’entrepreniat Feminin  permettra d’actualiser les études faites sur l’entreprenariat Feminin au Mali. Et leurs mises en application ne peuvent que faire du bien dans ce secteur et sur l’économie nationale. En tout cas, c’est ce que je souhaite de tous mes voeux tout en saluant aussi de passage cette belle initiative. Tout l’honneur a été pour moi d’avoir participé à cette activité sur invitation pour une couverture médiatique. Reconnaissons-le, la femme aussi a sa contribution à apporter à l’économie nationale et pour sa propre autonomisation surtout financière comme le résume bien cette phrase de madame la ministre, je cite, « les femmes sont des agents très dynamiques dans l’économie du pays et partout dans le monde ». Fin de citation. Qu’en pensez-vous  de cette affirmation? 

Photo de famille, crédit photo @Sag_bi 

PS: le choix de l’hôtel Maeva Palace pour abriter cette activité est symbolique. Deux femmes d’affaires en sont les propriétaires d’après des conversations que j’ai eues avec d’autres sur le lieu. 

Éducation, Droits de l'homme

Monologue d’un enfant en manque d’éducation…

Salut ! Dans quelques heures, ce sera la rentrée des classes. Les enfants vont devoir reprendre le chemin de l’école comme ils en ont droit, mais disons qu’ils n’y seront pas tous.

Moi, Aïssata, bientôt j’aurai 15ans. Cela fait 6ans que je suis privée d’école dans mon village comme beaucoup d’autres d’ici ou d’ailleurs. Oui, six ans que j’ai vu mes rêves brisés. Il y a six ans, j’étais encore sur le banc comme j’en ai bien droit.  J’étais le chouchou de mon école, l’aimée et la respectée de mon école. Mon directeur d’école, Alpha, était comme un père pour moi, il me soutenait et me traitait comme sa fille benjamine Alima car, à ses dire, j’avais du potentiel en moi et j’avais besoin d’être aidée pour devenir la grande dame que je souhaiterai devenir.

Oui, j’étais une fille brillante à l’école. Je travaillais dur pour surclasser mes camarades de classe et pour continuer à nourrir des forts espoirs en moi. Mon professeur, Aliou, avait l’habitude de me dire que la seule façon pour une fille de devenir autonome, de nos jours, est d’étudier et de se fixer des objectifs à atteindre. Je voulais être une fille instruite et autonome comme notre institutrice, madame Jeanne l’est.

Je rêvais de devenir une infirmière, une grande infirmière, quand je serais grande et avoir fini mes études pour soigner les malades comme le faisait Tantie, Faty, au dispensaire. J’aime bien son métier et je la prenais pour modèle. Mais voilà que je suis privée de mes études depuis que ces méchantes personnes sont devenues les maîtres du village. Ils ont forcé Monsieur Alpha et autres qui s’occupaient de nous à l’école à quitter le village et l’école est fermée depuis. Cela me rend triste et je ne sais plus quoi faire. Il m’arrive souvent de faire un tour là-bas pour me conforter et prier pour que Alpha revienne ici. Il me manque et je sais aussi que je lui manque. Si ce n’est pas que ma mère a refusé, je suis déjà partie avec eux depuis comme il le voulait.

Attendez ! Papa est de retour, il faut que je fasse comme tout va bien sinon il sera triste à me voir ainsi.

À suivre…

Droits de l'homme, Faits divers

Du poisson d’avril à la prison: revoyons nos jeux 

On est au mois d’avril. Avril où informations et rumeurs se mélangent abondamment et constamment, voire le prima de la seconde sur la première à tel point qu’on se perd souvent à distinguer la vraie information de la fausse. En d’autres termes, qu’est-ce qui est à prendre comme information et ce qui ne l’est point. L’Internet, les réseaux sociaux, la rue et même des journaux sont des canaux par lesquels certains se plaisent à fabriquer intentionnellement des histoires ou scènes,  de toute pièce avec un style humoristique ou presque, qui n’ont pas eu lieu dans le temps ni moins dans l’espace. En tout cas, pas pendant ce temps. Et pire, beaucoup prennent celles-ci comme de l’argent comptant ou se plaisent à mentir volontairement parce qu’on est en avril, lequel mois où le mensonge est permis partout et pour tous puisqu’on se doit d’employer le groupe des noms, « poisson d’avril » pour s’éclater de rire les uns les autres. Mais dans quel intérêt le fait-on ? Ternir l’image de la cible ou de faire du buzz pour son propre compte ?  Apprécierait-elle ce traitement à son égard  quand elle le saura? Cela peut-il tenir son image ? Le mérite-t-elle vraiment ? N’y a-t-il pas là une atteinte à sa personne morale ou physique ? Peut-il vous traduire en justice et pour quel motif ? Des questions qui méritent d’être pensées et posées par quiconque s’adonnant à ce phénomène avant de faire son truc. Ma prétention est loin de faire l’avocat de qui que ce soit comme l’auraient fait certains notamment les spécialistes en la matière, mais de partager avec vous dans ces lignes qui suivent un cas de poisson d’avril dont j’étais témoin dans mon quartier qui a failli mal se tourner pour son initiateur. 

C’était hier à Sebenicoro en commune IV du district de Bamako (Mali), plus précisément à Sebenicoro-bada (au bord du fleuve) derrière la résidence de l’ambassade du Japon au Mali où cette scène s’est produite. C’était aux environs de 14heures, une famille non loin du lieu a été informée d’une supposée noyade d’un de leurs enfants dans le fleuve par une de leurs connaissances par téléphone. Informée ainsi,  toute la famille est du coup, tristement et précipitamment,  descendue, sous le soleil fortement rayonnant, pour chercher le « cadavre » de leur petit. À leur arrivée sur le lieu, ils ont appris que la triste scène n’a pas eu lieu là-bas par des gens sur place, des exploitants de sable et de gravier, maîtres du lieu. C’est comme cela, on leur a fait comprendre qu’il s’agissait peut-être d’un poisson d’avril. Un gros soulagement pour beaucoup, mais Fatim (nom que je lui colle ici), tante et mère adoptive du gamin, est du genre à ne pas se laisser faire malgré qu’elle soit  une personne de nature timide. 

Pour la petite anecdote, lorsqu’elle est descendue de son véhicule à sa venue et qu’elle reçut au même moment un appel entrant sur son téléphone, elle n’a pas pu le décrocher tellement qu’elle fut sous le choc avec des mains tremblantes évidemment. Elle a dû le passer à quelqu’un d’autre pour le faire. C’était son mari qui a appelé. Il était en train de venir et voulait en même temps s’imprégner des dernières nouvelles sur la situation.

Entre temps, il a été conseillé à la dame de rappeler le lanceur d’alerte pour s’assurer bien, une dernière fois, s’il ne s’était pas trompé de lieu. Ce dernier a confirmé avant de révéler la nature de son jeu: poisson d’avril. Comme justificatif, il avançait ceci: « je voulais juste savoir  si l’on a de l’affection pour l’enfant dans sa famille. Et, comme on est en avril, j’ai lancé cette fausse alerte pour voir si on allait se mobiliser massivement  pour chercher son corps. Chose que vous avez faite. » Avant de rassurer à son tour la famille et les autres présents là-bas : « L’enfant, il est actuellement avec moi. Il est sain et sauf. « . 

Bouleversée par ce qu’elle venait d’entendre au lieu de retrouver son souffle normal comme beaucoup sur-le-champ, Fatim répondit au monsieur en ces termes: « Mon cher, tu vas expliquer cela à la police… »

Imaginez ! D’un poisson d’avril, on était à deux doigts de passer à la Samuel Éto’o fils-jeune Afrique. 
Mais heureusement ou malheureusement, il y a eu des gens qui lui ont supplié de ne pas le faire, de laisser ce dernier avec sa conscience. Demande qu’elle finit par accepter pour le  respect et la considération qu’elle manifeste envers ces derniers-là. Si seulement ces gens ne sont pas intervenus, le lanceur d’alerte serait, au moment même où je m’apprête à boucler ce billet, entre les mains de la police. 

À noter aussi que si la nommée Fatim est revenue sur sa décision, d’autres, à sa place, ne le feront sans doute pas. Alors, disons que si l’on peut arrêter avec les poissons d’avril ou du moins savoir dans quelle sauce les mettre, ce serait mieux !