Droits de l'homme, Société

Disons STOP au mariage des enfants! 

       Fille en mariage                                          

En parlant de fille en mariage                  

Précoce ou forcé ce mariage                      

Ou dois-je parler en âge                                  

La regardant enfant                              

En mariage à 14 ou 15ans                

Normal pour certains à 14 ans              

Pour d’autres à partir de 15 ans


Lequel normal pour enfant                        

À 14 ans, elle est encore enfant                    

À 15 ans, elle est encore enfant            

Prise comme mineure, enfant                  

Elle est fragile et immature                      

Son corps fragile et non mûr                    

Son esprit encore immature                  

Pour elle, c’est vraiment dur 


En enfant, elle est à l’école                      

C’est son droit d’être à l’école                  

C‘est nécessaire pour elle                            

C’est recommandé pour elle                      

Est-elle prête pour mariage                    

Loin d’être facile vu son âge              

Difficile avec les défis-mariages        

Difficile de concilier études et mariage 


Surtout si elle est enceintée                            

Vu son statut, c’est compliqué                  

Oui c’est facile d’être engrossée            

Mais difficile pour elle d’accoucher  

Énormes sont ces conséquences              

Liées au mariage précoce                            

À 18 ans elle n’est plus dans l’enfance  

Majeure, prête pour y faire face


Mentalement, psychiquement prête 

Aussi physiquement prête 

Pour être en mariage 

Pour faire le mariage 

Car elle est à présent grande
Une fille majeure, une grande

Oui, 18 ans est l’âge normal 

Tout âge vant 18 ans est anormal 


Alors dénonçons le mariage forcé       

Luttons contre le mariage précoce  

Mettons fin au mariage forcé        

Disons Non au mariage précoce            
Pour le bonheur de nos enfants            

Pour la sécurité, la protection des enfants  

Pour une fille épanouie et épanouissante    

Dans un milieu épanoui et épanouissant 

Rapporté par Mikado FM, la radio des nations unies au Mali, de la MINUSMA, dans un tweet 

Un pays comme le Mali, le mariage des enfants est très fréquent. Par des justifications religieuses et coutumières ou pour des situations financières (Difficiles), les filles sont souvent données en mariage par leurs parents ou proches sans leur consentement ni qu’elles aient l’âge légalement et mondialement considéré comme normal qui est 18 ans. Cette situation n’est pas sans conséquence sur la fille. Elle se traduit chez elle, le plus souvent, par un abandon de l’école si elle est y déjà inscrite. Si elle venait à concevoir une grossesse, c’est tout un autre gros problème surtout quand on sait que les soins sanitaires de proximité sont moindres dans le pays et que leur coût soit encore élevé. Pire, l’Etat malien considère la fille à partir de 16 ans comme déjà majeure pour se marier. Alors que cette même fille à 16 ans n’est pas majeure pour voter quand il s’agit d’élection. Quelle incohérence !!!  

C’est reconnaître tout simplement que le Mali n’honore pas ces engagements internationaux en la matière. C’est vraiment triste et déplorable !!!! 

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Droits de l'homme, Politique

Entreprenariat Feminin au Mali, Quand les femmes se retrouvent dans un atelier de réflexion… 

Dans la matinée du 29 novembre 2018 a eu lieu à l’hôtel Maeva Palace  l’ouverture des travaux d’un atelier de deux jours initié par le gouvernement malien à travers son département ministériel de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et appuyé par OnuFemmes à travers sa structure au Mali. C’est un atelier de réflexion stratégique sur l’entrepreniat Feminin au Mali. Une occasion pour les femmes entrepreneures maliennes de se retrouver entre elles pour parler de l’entreprenariat Feminin dans le pays et de leurs expériences dans le domaine : comment se porte-t-il ? Quelle est sa place dans l’économie nationale ? Quels sont les défis auxquels elles font face ? Quel cadre législatif  pour la promotion de l’entrepreniat Feminin ? Tant des questions du genre font l’objet de cet atelier qui prendra fin par des recommandations qui seront faites par les participants et participantes à l’issue des travaux de réflexion par groupes. Cet atelier d’échange et de réflexion stratégique s’est ouvert par les interventions respectives de la Vice -Présidente du Réseau des femmes opératrices économiques du Mali – Mme Kébé Tantou ,  de la Représentante résidente de l’onu-femmes au Mali – Mme Béatrice Eyong , de la représentante du Ministère de la Promotion des Investissements et du Secteur privé – Mme Ag Erless Oumou Coulibaly, de madame la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille – Dr. Diakité Aïssata Traoré ; et  par le lancement officiel du Site Internet des Femmes Entrepreneures au Mali.  

La place de la femme dans l’économie nationale…

Dans les différentes allocutions, les intervenantes n’ont pas manqué de saluer l’initiative d’organiser cette activité et tour à tour ont rappelé la place de la femme dans la société dont notamment sa place dans l’économie nationale et dans la gestion et la prévention des conflits. Mme la vice-Présidente du Réseau des Femmes entrepreneures , Mme Kébé Tantou Sambaké, commence par rappeler le contexte de la crise de 2012 à aujourd’hui au Mali et le rôle des femmes dans la prévention des crises. Un rappel qui sera bien appuyé par Mme Béatrice Eyong qui dira que « la femme malienne est la clé de la stabilité et de la paix ». Madame Kébé rappelle également que les femmes évoluent également dans le domaine de l’Economie avant de saluer comme ses autres soeurs l’Etat Malien pour son engagement dans la promotion du genre et l’encourage à oeuvrer davantage dans ce sens. Un fait qui s’explique chez la ministre Traoré  par le fait que de 2002 à nos jours, beaucoup de réformes et politiques ont été menées par le gouvernement malien afin de créer un cadre législatif pour la promotion de l’entrepreniat Feminin. Quant à Mme Béatrice Eyong , après avoir salué leurs partenaires techniques et financiers, réitère le soutien de son organisme à l’Etat malien dans la promotion du genre et en donne la garantie  avant de se réjouir de cette activité qu’est la première officielle sous sa direction depuis sa prise de fonction au Mali, il y a une semaine environ. Elle n’a pas manqué de la situer aussi dans son cadre. Elle l’exprime en ces termes: « Quel meilleur contexte pour débuter mon travail, que cet atelier hautement stratégique. Aiguiser la capacité d’innovation des femmes, la capacité de concevoir, de mettre sur pied et de gérer une entreprise est une contribution inestimable à leur épanouissement et à leur autonomisation. »  

Bref…cet atelier, bien qu’initié par le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, se situe dans le cadre du programme de l’Onu femmes intitulé Initiative pour la Promotion et l’Apui à l’Entreprenariat Feminin-IPAFE .

Présentation et Lancement du Site Web

Capture d’écran de la page d’accueil du site

Après son allocution et la déclaration de l’ouverture de l’atelier, Mme le ministre, Dr. Traoré Aïssata Diakité, a procédé au lancement officiel du Site Internet des Femmes entrepreneures au Mali après que celui-ci a été présenté à l’audience. Ce Site est une plateforme concise avec l’appui de l’Onu femme. Il consiste à soutenir de façon générale l’entreprenariat au Mali et en particulier l’entreprenariat Feminin. Il permet notamment  aux entrepreneures de faire leur promotion et celle de leurs produits suivants les secteurs dans lesquels elles évoluent, mais aussi de les fédérer autour de cette plateforme numérique… Pour plus, vous pouvez le visiter sur ce lien, http://www.annuairemalimuso.com .

À rappeler que les recommandations issues de ces jours d’atelier de réflexion stratégique sur l’entrepreniat Feminin  permettra d’actualiser les études faites sur l’entreprenariat Feminin au Mali. Et leurs mises en application ne peuvent que faire du bien dans ce secteur et sur l’économie nationale. En tout cas, c’est ce que je souhaite de tous mes voeux tout en saluant aussi de passage cette belle initiative. Tout l’honneur a été pour moi d’avoir participé à cette activité sur invitation pour une couverture médiatique. Reconnaissons-le, la femme aussi a sa contribution à apporter à l’économie nationale et pour sa propre autonomisation surtout financière comme le résume bien cette phrase de madame la ministre, je cite, « les femmes sont des agents très dynamiques dans l’économie du pays et partout dans le monde ». Fin de citation. Qu’en pensez-vous  de cette affirmation? 

Photo de famille, crédit photo @Sag_bi 

PS: le choix de l’hôtel Maeva Palace pour abriter cette activité est symbolique. Deux femmes d’affaires en sont les propriétaires d’après des conversations que j’ai eues avec d’autres sur le lieu. 

Éducation, Droits de l'homme

Monologue d’un enfant manqué d’éducation…

Salut ! Dans quelques heures, ce sera la rentrée des classes. Les enfants vont devoir reprendre le chemin de l’école comme ils en ont droit, mais disons qu’ils n’y seront pas tous.

Moi, Aïssata, bientôt j’aurai 15ans. Cela fait 6ans que je suis privée d’école dans mon village comme beaucoup d’autres d’ici ou d’ailleurs. Oui, six ans que j’ai vu mes rêves brisés. Il y a six ans, j’étais encore sur le banc comme j’en ai bien droit.  J’étais le chouchou de mon école, l’aimée et la respectée de mon école. Mon directeur d’école, Alpha, était comme un père pour moi, il me soutenait et me traitait comme sa fille benjamine Alima car, à ses dire, j’avais du potentiel en moi et j’avais besoin d’être aidée pour devenir la grande dame que je souhaiterai devenir.

Oui, j’étais une fille brillante à l’école. Je travaillais dur pour surclasser mes camarades de classe et pour continuer à nourrir des forts espoirs en moi. Mon professeur, Aliou, avait l’habitude de me dire que la seule façon pour une fille de devenir autonome, de nos jours, est d’étudier et de se fixer des objectifs à atteindre. Je voulais être une fille instruite et autonome comme notre institutrice, madame Jeanne l’est.

Je rêvais de devenir une infirmière, une grande infirmière, quand je serais grande et avoir fini mes études pour soigner les malades comme le faisait Tantie, Faty, au dispensaire. J’aime bien son métier et je la prenais pour modèle. Mais voilà que je suis privée de mes études depuis que ces méchantes personnes sont devenues les maîtres du village. Ils ont forcé Monsieur Alpha et autres qui s’occupaient de nous à l’école à quitter le village et l’école est fermée depuis. Cela me rend triste et je ne sais plus quoi faire. Il m’arrive souvent de faire un tour là-bas pour me conforter et prier pour que Alpha revienne ici. Il me manque et je sais aussi que je lui manque. Si ce n’est pas que ma mère a refusé, je suis déjà partie avec eux depuis comme il le voulait.

Attendez ! Papa est de retour, il faut que je fasse comme tout va bien sinon il sera triste à me voir ainsi.

À suivre…

In memoriam

In memoriam: IBH, la bibliothèque vivante de Bamba s’en est allé !

Le 26 Septembre 2018, c’est la date qu’a choisi celui qu’on surnomait la bibliothèque vivante de Bamba, dans une Commune du Cercle de Bourem Foghas au Mali, suite à une courte maladie à Bamako  pour rejoindre les ancêtres. C’est une grosse  perte pour toute la Commune de Bamba et pour le Mali. Bamba ne pourra plus compter sur la présence d’un de ses dignes et valeureux fils en la personne d’Ibrahim Bagna Haïdara dit IBH. 

Ce fut une bibliothèque, un baobab, un modèle, une référence pour nous, élèves, enseignants, qui avons eu la chance de le connaître à Bamba. Il a consacré toute sa vie au service de l’Education dans cette partie du Mali.

Enseignants, élèves, amis, connaissances,  personne n’échappait à ces nombreuses et incessantes interrogations.

Quelle leçon, avez-vous étudié  aujourd’hui ? Explique ! C’est comme ça que le professeur a expliqué ? Ne mentez pas !  Passes-moi ton cahier !  Mais ce n’est pas ce qui est écrit ici / D’accord, je verrai le professeur.  Quel est le dernier livre que tu as lu ? Qu’as-tu appris dedans ? 

Qui est l’auteur de cette citation? Pourquoi tu ne lis pas ? La lecture te permet de voyager, acquérir des nouvelles connaissances, faire des nouvelles découvertes, enrichir ton vocabulaire…

Dans Larousse / le Robert,  il y a combien de mots ? Combien de mots ont officiellement fait leur apparition dans la langue française en telle année ou telle année ? Cites-moi deux – trois de ces mots ? Expliques-moi ce mot ? Y-a-t-il combien de verbes dans la langue française ? Ce verbe est de quel groupe ? Conjugue-le à tous les temps de l’indicatif ! Du subjonctif, de l’impératif et du conditionnel ! 

Donnes-moi deux/trois noms féminins qui ne prennent pas « e » (muet) à la fin…

C’est de cette façon qu’il mettait tous à l’interrogatoire à l’école comme dans les rues de Bamba à tel point qu’on se cherchait quand on le voyait venir comme Socrate le fut à Athènes antique. Enseignant, inspecteur pédagogique (conseiller pédagogique) à la retraite, prêcheur, il s’est battu durant toute sa vie pour la scolarisation des enfants et la culture de l’excellence dans Bamba et ses villages.

Un homme de culture, il a écrit de nombreux manuscrits sur la littérature africaine, des contes et des poèmes notamment, qui n’ont pas pu malheureusement être édités comme « Les merveilles ». Avec son intérêt pour la lecture, il s’est battu avec toute sa force pour doter l’école fondamentale Imrane Touré de Bamba d’une bibliothèque avec le concours financier de l’association Longjumeau de France dans les années 2007-2008. Ça, c’est quelque chose qu’on lui doit et je ne l’oublierai jamais. Comme le dit Amadou Hampaté Bah, « Quand un vieillard meurt en Afrique, c’est toute une bibliothèque qui brûle. « 

Mon sage, certes vos enseignements nous manqueront longtemps, mais sachez que votre passage sur terre n’a été vain. Vous pouvez dormir en paix car vous le méritez. Puisse Dieu vous accepter auprès de lui dans son éternel paradis ! Amen !

             Au revoir et à Bientôt !

Société

Le grin: lieu de culture ou de paresse ?

La vie en communauté est indispensable à l’homme et à son épanouissement. Il a besoin de tisser des relations avec les autres et de continuer à travailler sur leur pérennisation. Cela lui permet de se sociabiliser, se familiariser avec ses semblables, avoir l’esprit de solidarité, retrouver du réconfort  et l’assistance auprès de ses semblables. Le stagirite (Aristote) nous apprend qu’aucun être humain ne saurait vivre en dehors de la société à moins qu’il ne soit une bête, un diable ou un Dieu. 

Ainsi, les hommes n’étant pas des extraterrestres se lient amitié, se côtoient ou  fondent des relations à long terme ou à court terme. La durée dépend de ce sur quoi cette relation est fondée. C’est en cela des regroupements comme les grins, les rencontres prennent tout leur sens. 

         Qu’est-ce qu’un grin

Le grin est un groupement d’individus qui se retrouve généralement  au tour du thé pour causer, discuter des sujets et des préoccupations de l’heure dans leur société, dans leur pays et plus loin sur l’actualité d’autres localités dans le monde. C’est aussi un lieu de relaxe et de divertissement. Cette forme de regroupement est une réalité dans la société malienne. Dans les milieux urbains, le grin ne reconnaît pas forcément les différences d’âge, de sexe, d’ethnie ou encore les orientations religieuses. Ainsi, nous avons les grins des vieux, des jeunes ou encore un grin homogène où vous verrez des aînés et cadets ensembles. De nos jours au Mali surtout à Bamako, on a plus de temps pour lui que pour sa propre famille chez beaucoup. Mais qu’est-ce qui se dit d’important là-bas pour lequel on ne veut pas s’en passer? 
Il est sensé être instructif, mais aujourd’hui il donne lieu à la paresse et l’endoctrinement surtout pour les jeunes qui, au lieu, de vaguer à d’autres affaires, à se projeter sur l’avenir, passent une grande partie de leur temps à se chamailler dans les ruelles de nos villes. Or on le sait tous l’avenir d’un pays repose sur sa jeunesse. 

Pour cause, les sujets les plus abordés dans nos grins sont : la religion, la femme, la vie de star, les exploits ou succès.

           Pourquoi la religion?

 Parcequ’on se croit plus religieux à tel point vouloir vaille que vaille vivre pour la religion dans la bouche et non par l’acte. Donc toute question qui rentre dans la religion est une question sensible et les points de vue se divergent. En parlant de la religion musulmane qui est la religion que pratique la majorité des Maliens, les jeunes passent leurs temps à échanger sur des leaders religieux  que sur la religion musulmane elle-même. Tantôt on oppose les différentes confréries musulmanes présentes tantôt on oppose les tenants de ces courants. Chose qui met en mal la cohésion sociale. Or la religion musulmane est censée être une religion de paix. Donc il y a mieux à faire que mettre dos à dos les uns et les autres.

Qui n’aime pas la femme et qui n’en parle pas?

En tout cas, pas au grin. On ne se fatigue pas d’en parler même celle qu’on voit de passage seulement. Par contre, on prend du plaisir à aborder la question. Comme pour parler comme l’auteur de « Maintenant ça suffit, il faut que ça change », le pasteur Yvan Castanou, quand on aime une femme, ses réflexions et ses échanges sont pour la plupart centrés sur elle. Ce faisant, il y a ceux qui se prennent pour des spécialistes qui prétendent connaître les femmes plus qu’elles-mêmes d’une part et d’autre part ceux qui prennent du plaisir à les écouter. Astuces, conseils y sont donnés pour pouvoir faire plus de conquêtes amoureuses ou pour maintenir l’ordre dans son foyer si l’on est marié. Il arrive souvent aussi d’être poussé à mener une ou des relations extra-conjugales tout en étant engagé dans celle conjugale. Les femmes aussi ne sont pas en reste, elles aussi en grin, font pareil. 
À côté de ce sujet, il y a également celui lié à la vie des stars au menu des échanges au grin.

 Tout le monde veut devenir une star… 

Nous envions les stars, leur vie, leurs succès, mais jamais on ne se demande comment elles sont devenues ainsi. Certes, le rêve de tout un chacun est de réussir un jour dans la vie. C’est pourquoi on travaille durement, on s’inspire des grands ou du moins de ceux qui ont réussi. La vie appartient à ceux qui se lèvent très tôt, ceux qui se battent, car après tout elle est un combat. Or au grin, la plupart d’entre nous ne travaillent pas où ne veulent pas travailler. C’est le cas de nos jeunes qui après avoir terminé leurs études, se trouvent en chômage. Car beaucoup ne veulent entreprendre d’autres activités régénératrices pendant ce temps que passer leurs temps autour du thé en attendant qu’ils soient embauchés par une structure privée ou étatique. 
Tandis que ceux sur lesquels ils passent leurs temps à parler se sont battus pour arriver là où ils sont maintenant. Les Messi, les Ronaldo, les pep Guardiola, les Morinho(football) ou encore les Niki, les Rihanna (musique) se sont battus pour leurs idéaux, leurs visions, leurs passions pour devenir des stars de classe mondiale. 

Nonobstant ceux-ci, de nos jours la vie au grin va de pair avec la délinquance, le banditisme, le vagabondage. Dans certaines ruelles, la drogue, la cigarette sont fumées, l’alcool aussi y est consommé. 

Si au grin, certains ne prennent qu’un peu de leur temps, cherchent un moment de relaxe, d’échanges d’idées sur des sujets sur la citoyenneté, le patriotisme… d’autres y consacrent tout leur temps à parler de tout sauf d’important et à forger la paresse en eux. Or la paresse n’amène nulle part, elle fait plus de mal que du bien, alors remettons-nous  sur le chemin du travail. 

Non classé

LE MALI SOUS LE COUP DE LA CENSURE D’INTERNET, chacun y trouve sa part ! 

“Au Mali, l’accès à l’information, et en particulier à Internet en période électorale est un critère important pour évaluer la transparence, la crédibilité et la sincérité du vote. C’est la première fois de son histoire que le Mali se coupe totalement du réseau Internet. Nous regrettons que le Mali choisisse de ne pas respecter le droit international qui protège la liberté d’expression. C’est un droit civique important en période électorale. »  Julie Owono, directrice exécutive d’Internet sans Frontières à propos de la restriction de l’accès à l’Internet au Mali. 

Depuis le 29 juillet 2018, jour du scrutin du 1er tour de l’élection du Président au Mali, les internautes Maliens font face à une censure des réseaux sociaux qui ne dit pas son nom. Ils étaient obligés de passer par des applications spéciales notamment les VPN pour y accéder, pour contourner la censure en vigueur. Mais le plus pire que nous n’ayons jamais connu avant est survenu à cette veille de la proclamation des résultats provisoires du second tour par le ministre en charge des collectivités territoriales. Cette fois-ci, on ne parle plus de censure des réseaux sociaux surtout  Facebook et Twitter, mais d’une coupure d’Internet pure et simple  notamment avec les réseaux mobiles par la complicité des opérateurs dans le domaine de la téléphonie-mobile, Orange Mali et Malitel. Seul l’ADSL permettait de se connecter et cela à un prix cher. Or tout le monde n’a pas ce privilège.

Avec Cette coupure, ce n’est pas la liberté d’expression seulement qu’a connue un coup dur au pays, mais également la vie économique notamment chez les opérateurs économiques et entreprises  en l’occurrence ceux qui, par la modernité, travaillent avec l’Internet. C’est pour dire que chacun a été affecté de façon directe ou indirecte par cette décision du gouvernement malien.

Voyons le cas de cette malade qui, pour la paye de son ordonnance, on a dû parcourir cinq pharmacies (à Bamako) pour que l’opération ait pu lieu en raison de cette coupure Internet. 

        Ordonance de la dite patiente

C’était Hier elle s’est fait opérer l’œil gauche à l’Institut d’Ophtalmologie Tropicale de l’Afrique (IOTA)  basé à Bamako et rendez-vous lui a été donné ce matin pour d’autres soins, lesquels soins nécessitent la prescription des médicaments sur ordonnance et utilisables sur cet œil opéré jusqu’au prochain rendez-vous.  Sur exigence du médecin traitant, son accompagnateur  n’a pas attendu le retour à la maison pour chercher où payer l’ordonnance (à la pharmacie). Juste après leur sortie de l’hôpital, il s’est précipité vers la pharmacie située en face de l’IOTA, « La pharmacie Privée boulevard du peuple  » du Dr Mamadou Djiré. Une fois la porte affranchie suivi d’un bonjour d’usage, il s’est dirigé vers un des employés de la dite pharmacie et déposa devant lui sur le comptoir l’ordonnance. D’un coup d’œil, il lui a fait savoir qu »il n’y a pas de réseau ». En fait, sa patiente détient une carte d’assurance maladie obligatoire (AMO) qui lui permettait de bénéficier d’une réduction sur le coût de traitement de soins. Pour cela, il faut de l’Internet pour vérifier auprès de son organe d’assurance si sa carte est bien valide ou pas à travers son numéro d’identification en ce qui concerne les services AMO dans les pharmacies.

À la sortie, il s’est demandé, Mais comment peut-on avoir une si grande pharmacie et avoir encore un problème de réseau jusqu’à perdre des clients  de cette façon ? Est-ce un problème technique ou c’est lié à la censure qu’est en cours dans le pays? 

Pour satisfaire sa curiosité, il décida de retourner pour demander et a préféré la seconde question à la première (question de modestie). Et c’est là qu’il apprend que ce n’est pas un problème technique mais un problème engendré par la censure d’Internet et la coupure de l’Internet avec la complicité des opérateurs téléphonie mobiles ce jour là.

Maintenant l’inquiétude occupe l’esprit de notre jeune homme. C’est ainsi qu’il décida d’attendre leur retour à la maison  (à Sébenikoro, un quartier de Bamako)  pour aller chercher les médicaments. Il a dû faire quatre pharmacies après la première avant de trouver du réseau Internet.

Il s’est rendu successivement à la pharmacie Bibipharm de Dr.Diarra Badié Fatoumata Dicko près du lycée Mamadou M’bodj ; à la Pharmacie du Marché de Sébenikoro du Dr.Mamadou . M. Cissé ; à la pharmacie Lothiozan près du  cscom de sibiribougou et en fin à l’officine Makoro Koné du Dr. Soumaïla Coumaré – en face de la clinique périnatale Mohammed VI, le seul où il a trouvé du réseau et où il a pu faire son opération. 

La malade qui devait commencer à prendre ses médicaments aussitôt sortie d’hôpital comme lui a consigné son médecin, a dû attendre un bon moment avant de les avoir. Et ce faisant, elle s’est vue dans l’impossibilité de les prendre à toutes les fois indiquées pour son premier jour. 

Outre ce cas, d’autres clients de certaines  banques de la place se sont vus incapables également de faire des opérations bancaires. En plus d’être un outil de communication incontestable, l’Internet est devenu aujourd’hui un outil de travail pour beaucoup. Nous sommes dans le siècle de « tout Internet ». Priver les gens d’Internet pour une raison ou une autre, c’est faire des victimes intentionnellement,  priver les gens de leur droit à la liberté d’expression et leur priver de travail ou recevoir d’autres services émanant de l’Internet. Tâchons d’y penser !!! 

Actualité, Politique

PRÉSIDENTIELLES 2018 AU MALI: ce qui doit être dit aux candidats ! 

Le 29 juillet prochain, les Maliens se rendront à nouveau aux urnes pour élire leur président pour les cinq prochaines années. À l’heure actuelle, une vingtaine  de candidatures sont officiellement faites pour ces échéances électorales, mais on peine jusqu’à présent  à rendre public les projets de société et visions pour le chantier du Mali dans les cinq prochaines années.

Parmi cette vingtaine de candidatures, nous avons celles de Soumaïla Cissé de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), de Modibo Sidibé du Nouveau Pôle Politique et des FARE, de Moussa Mara du Parti Yéléma-le changement, Aliou Diallo du ADP-Maliba et les derniers en date, Oumar Mariko du SADI, Dramane Dembélé de l’ARDEMA (L’Alliance pour le Redressement de la Démocratie au Mali) et l’actuel président de la République Ibrahim Boubacar Keïta.

Du côté du camp présidentiel, on est à pied d’oeuvre pour ne pas céder le pouvoir à d’autres, d’où le fameux slogan « Boua Ta bla », Boua ne quitte pas ! Quant aux autres candidats, eux, ils pensent que le problème du Mali d’aujourd’hui, c’est IBK. Donc il faut tout faire pour le remplacer. Changer IBK suffit-il à résoudre le problème du Mali ? Ou continuer avec lui permettra-t-il de répondre aux aspirations nouvelles des Maliens ?

Les aspirations du Malien sont grandes aujourd’hui que ça ne l’était en 2013. Le Mali souffre presque dans tous les secteurs. La Sécurité, l’Autosuffisance alimentaire,  l’Éducation, l’Emploi, la Santé sans compter le détournement du dénier public demeurent des préoccupations de l’heure à prendre au premier plan. Le Malien attend des politiques fortes et des visions nouvelles sur ces questions.

Par le passé, on nous a habitués à faire des promesses politiciennes qui, une fois au pouvoir, sont mises dans les oubliettes. Ou à distribuer des tee-shirts ou du thé et du sucre pour gagner l’électorat malien. Le Malien nouveau ne veut pas se laisser faire. Il étudie le profil des candidats et exige d’eux des projets de société. Il ne se laisse pas corrompre comme on a coutume à le faire. Il aspire au changement, mais pas à ce qui consiste à changer seulement  l’un par l’autre, mais un changement dans la gestion des affaires, des mesures et politiques fortes et efficaces pour lutter contre la corruption grandissante à tous les niveaux, restaurer la confiance entre les dirigeants et les dirigés, entre les Maliens, restaurer une paix durable dans ce pays, créer des emplois pour les jeunes, assainir le milieu scolaire et universitaire en le débarrassant des violences, des grèves incessantes pour une éducation de qualité…

Or, au lieu de commencer à nous proposer leur programme respectif, les candidats passent tout leur temps à critiquer le gouvernement en place ou à faire des discours dépourvus de sens. Le peuple malien attend plutôt qu’ils leur fassent des propositions de sortie de crise voire de développement. Le Malien nouveau choisira son candidat à base d’un programme, de vision et non sur de simples promesses. Il veut voir les candidats face à face sur des plateaux télé ou radio pour parler de leur projet, défendre leurs idées et visions, en un mot, un débat entre les candidats avant de décider à qui donner sa voix.

Chères candidates et candidats, l’électorat malien attend avec impatience vos projets et propositions pour le Mali des cinq  (5) années à venir.

Aussi faudrait-il rappeler qu’à l’heure actuelle, seul le candidat de Yéléma-le changement a pu dévoiler les grandes lignes de son « Programme d’Actions Concrètes pour la Transformation Économique et Sociale (PACTES) »    et son contenu à travers des conférences de presse et sur les réseaux sociaux. Avec Soumaila Cisse, tout ce qu’on sait de son programme est que sa famille ne serait pas mêlée dans la gestion des affaires de L’État. Sinon on sait aussi pour Mamadou Igor Diarra,  c’est dans son livre intitulé « c’est possible au Mali ».

D’ici les élections, il ne nous reste que deux mois, je répète, deux mois. Il ne faut pas attendre jusqu’à la veille du scrutin pour venir nous embrouiller, nous surmener, nous rendre confus dans nos choix. On a besoin d’un temps de lecture, d’écoute, de partage, de réflexion pour un choix en toute responsabilité et en toute conscience.

Actualité, Politique

Les Maliens dos à dos: La Candidature d’IBK aux présidentielles de 2018, objet de polémiques

On est à l’approche des élections présidentielles maliennes, certains hommes politiques ou de la société civile se sont déjà déclarés officiellement. D’autres ne l’ont pas encore fait. Parmi ces derniers, il y a l’actuel président de la République qui ne s’est pas encore officiellement déclaré candidat aux élections générales du 29 avril 2018 pour sa propre succession. C’est  la candidature de ce dernier qui fait d’ailleurs beaucoup jaser dans le pays plus que tout autre. Ainsi, des voix, pensant qu’il n’est plus la solution, s’élèvent pour demander son renoncement à un deuxième mandat pendant que d’autres continuent de le supplier de faire officiellement  sa déclaration de candidature pour un second mandat. Son bilan divise plus que jamais  les Maliens.

IBK reste l’homme de la situation…

Pour rappel, IBK est le seul et le premier en ce jour qui a été élu à 77, 61% des voix. En 2013, il a été élu sur la base qu’il serait l’homme de la situation pour sortir le pays de la crise mutimentionnelle qu’il traversait et qui, malheureusement, perdure encore. 

Enfin de mandat, il y a toujours des gens qui jugent son bilan bon malgré des insuffisances constatées et des scandales politico-économiques (l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel, de la surfacturation des équipements militaires, des engrais frelatés ; l’accor d’Alger en peine dans sa mise en oeuvre, l’instabilité gouvernementale: cinq Premiers ministres en cinq ans)   au sommet aussi bien que dans la gestion des affaires de l’État. Toutefois, il y a eu des progrès, des mesures prises pour la relance de l’économie, le retour du pays sur la scène internationale, on peut dire que la diplomatie malienne se porte bien… 

Par ailleurs, qui sont ces gens qui jugent son bilan bon et pourquoi le défendent-ils à tout prix? Et, pourquoi tiennent-ils autant à sa candidature ? 

Le Mali reste l’un de ces pays où quand on accède au pouvoir, on va avec ses plus proches, ses camarades et encore avec ses maîtresses et leurs proches  pour se partager les ressources de l’État. Donc tant qu’on mange, on ne veut plus quitter et par conséquent on veut faire maintenir celui ou celle qui fait manger. Par là, je dirais que ce dicton africain, « un chef ne saurait être  plus dangereux que son proche entourage » est la bonne formule qui va avec.

À regarder les 20 heures de la télévision nationale surtout en ces derniers temps ou lire  sur certaines pages ou des comptes pro-ibk sur les médias sociaux surtout sur Facebook que les Maliens utilisent plus que tout autre, on a l’impression que son bilan quinquennal  est sans faute. Ceux qui jugent ce bilan bon sont en grande partie de la mouvance présidentielle  ou qui reçoivent des retombées de la part de ces derniers, intérêt l’oblige. Et pire, ces gens et l’ORTM font croire que c’est  toute la population qui est derrière lui. 

C’est  dans cette optique que des mouvements qui ne disent pas leurs noms se créent à longueur de journée autour du fameux slogan « Boua ta bla » en bamanankan, Boua (le président IBK)  ne renonce pas au pouvoir, en réplique au camp de l’autre fameux slogan « Boua ka bla », Boua doit quitter le pouvoir. Ainsi, On voit des gens ou associations qui ne cessent de demander au président de se prononcer en faveur d’une candidature pour un deuxième mandat. Le reste, ils s’en chargeront : payer la caution de sa candidature qui s’élève à  25 Millions de Fcfa et se mobiliser pour assurer sa réélection. Toutefois, l’actuel homme fort de Koulouba demeure encore  dans le silence, mais laisse déjà des signes qui en disent long pour qui suit l’actualité politique du pays. 

Pour mémoire, en mai 2017, dans une interview accordée à la célèbre  chaîne Qatarienne, Al-jazeera, il laisse entendre ceci à propos de sa candidature pour sa propre succession: « Je serai candidat en 2018 si c’est la volonté d’Allah ». Mieux, tout récemment, en séjour à Ségou, 4è région administrative, laisse entendre ceci « ils disent Boua doit partir. Boua va partir au moment venu ». Malgré cela, d’autres continuent d’exiger son retrait politique. 

IBK n’est plus la solution…

Pendant que certains appellent de tous leurs vœux, sa candidature, le vœu des autres est de lui voir prendre sa retraite politique à la Nelson Mandela en Afrique du Sud ou à la François Hollande en France. Pourquoi une retraite politique en un mandat ? Parce qu’ils pensent qu’il n’est plus la solution. Il n’a plus, par l’effet de la vieillesse, les aptitudes physiques et intellectuelles qu’il faut pour diriger le pays. Il faut un jeune pour le succéder. C’est cela, la thèse principale des partisans de « Boua ka bla ». Ce slogan est créé et rendu populaire par un chroniqueur malien, Youssouf Bathily alias Ras bath, et ses disciples qui le chantent partout où ils aillent.

 Je ne sais pas ce qu’ils disent à propos du président Bouteflika en Algérie qui se trouve sur un fauteuil roulant ou encore le président Bouhari au Nigéria qui ne cesse de multiplier les allers-retours  entre des grands  hôpitaux occidentaux et son pays pour des soins médicaux. 

En outre, IBK n’est plus la solution est devenu le mot de campagne de l’heure pour beaucoup de candidats surtout jeunes qui se sont déclarés en ce jour et les probables candidats habituels de certains partis de l’opposition. Tout le monde se positionne en porteur d’espoir pour le changement (positif)  et pour le renouveau du pays. Mais le problème est que beaucoup de ces personnes étaient aussi proches d’IBK, ont occupé de hautes fonctions sous les ordres de l’actuel  locataire de Koulouba ou ont travaillé avec lui par le passé. Pire, certains de ces derniers sont même cités dans des affaires de détournement des derniers publics. Les amis d’hier sont devenus aujourd’hui  des ennemis et les ennemis d’aujourd’hui seraient demain des amis, c’est la politique.

Qu’il se déclare officiellement candidat ou qu’il se retire, cela ne doit plus poser de problèmes ni opposer les fils et les filles du pays jusqu’à mettre les liens sociaux en péril. S’il se déclare, c’est son droit. Il reste encore  dans l’esprit de notre constitution. Cependant, il revient de droit et de devoir à L’électorat malien, dans les urnes, de décider de son sort et de celui du pays pour les prochaines cinq années à venir.  Et s’il renonce à un deuxième mandat, il sera encore plus dans l’histoire électorale du Mali, il sera le premier à le faire et on se souviendra de lui pendant de longues années  comme Mandela en Afrique du Sud et Hollande en France. Alors, à quoi sert de se diviser, de se tirailler  autant sur sa candidature à sa propre succession ?  Concentrons-nous sur les défis de l’heure que nous devions à tout prix relever pour un Mali sur pied, uni et prospère ! 

Droits de l'homme, Faits divers

Du poisson d’avril à la prison: revoyons nos jeux 

On est au mois d’avril. Avril où informations et rumeurs se mélangent abondamment et constamment, voire le prima de la seconde sur la première à tel point qu’on se perd souvent à distinguer la vraie information de la fausse. En d’autres termes, qu’est-ce qui est à prendre comme information et ce qui ne l’est point. L’Internet, les réseaux sociaux, la rue et même des journaux sont des canaux par lesquels certains se plaisent à fabriquer intentionnellement des histoires ou scènes,  de toute pièce avec un style humoristique ou presque, qui n’ont pas eu lieu dans le temps ni moins dans l’espace. En tout cas, pas pendant ce temps. Et pire, beaucoup prennent celles-ci comme de l’argent comptant ou se plaisent à mentir volontairement parce qu’on est en avril, lequel mois où le mensonge est permis partout et pour tous puisqu’on se doit d’employer le groupe des noms, « poisson d’avril » pour s’éclater de rire les uns les autres. Mais dans quel intérêt le fait-on ? Ternir l’image de la cible ou de faire du buzz pour son propre compte ?  Apprécierait-elle ce traitement à son égard  quand elle le saura? Cela peut-il tenir son image ? Le mérite-t-elle vraiment ? N’y a-t-il pas là une atteinte à sa personne morale ou physique ? Peut-il vous traduire en justice et pour quel motif ? Des questions qui méritent d’être pensées et posées par quiconque s’adonnant à ce phénomène avant de faire son truc. Ma prétention est loin de faire l’avocat de qui que ce soit comme l’auraient fait certains notamment les spécialistes en la matière, mais de partager avec vous dans ces lignes qui suivent un cas de poisson d’avril dont j’étais témoin dans mon quartier qui a failli mal se tourner pour son initiateur. 

C’était hier à Sebenicoro en commune IV du district de Bamako (Mali), plus précisément à Sebenicoro-bada (au bord du fleuve) derrière la résidence de l’ambassade du Japon au Mali où cette scène s’est produite. C’était aux environs de 14heures, une famille non loin du lieu a été informée d’une supposée noyade d’un de leurs enfants dans le fleuve par une de leurs connaissances par téléphone. Informée ainsi,  toute la famille est du coup, tristement et précipitamment,  descendue, sous le soleil fortement rayonnant, pour chercher le « cadavre » de leur petit. À leur arrivée sur le lieu, ils ont appris que la triste scène n’a pas eu lieu là-bas par des gens sur place, des exploitants de sable et de gravier, maîtres du lieu. C’est comme cela, on leur a fait comprendre qu’il s’agissait peut-être d’un poisson d’avril. Un gros soulagement pour beaucoup, mais Fatim (nom que je lui colle ici), tante et mère adoptive du gamin, est du genre à ne pas se laisser faire malgré qu’elle soit  une personne de nature timide. 

Pour la petite anecdote, lorsqu’elle est descendue de son véhicule à sa venue et qu’elle reçut au même moment un appel entrant sur son téléphone, elle n’a pas pu le décrocher tellement qu’elle fut sous le choc avec des mains tremblantes évidemment. Elle a dû le passer à quelqu’un d’autre pour le faire. C’était son mari qui a appelé. Il était en train de venir et voulait en même temps s’imprégner des dernières nouvelles sur la situation.

Entre temps, il a été conseillé à la dame de rappeler le lanceur d’alerte pour s’assurer bien, une dernière fois, s’il ne s’était pas trompé de lieu. Ce dernier a confirmé avant de révéler la nature de son jeu: poisson d’avril. Comme justificatif, il avançait ceci: « je voulais juste savoir  si l’on a de l’affection pour l’enfant dans sa famille. Et, comme on est en avril, j’ai lancé cette fausse alerte pour voir si on allait se mobiliser massivement  pour chercher son corps. Chose que vous avez faite. » Avant de rassurer à son tour la famille et les autres présents là-bas : « L’enfant, il est actuellement avec moi. Il est sain et sauf. « . 

Bouleversée par ce qu’elle venait d’entendre au lieu de retrouver son souffle normal comme beaucoup sur-le-champ, Fatim répondit au monsieur en ces termes: « Mon cher, tu vas expliquer cela à la police… »

Imaginez ! D’un poisson d’avril, on était à deux doigts de passer à la Samuel Éto’o fils-jeune Afrique. 
Mais heureusement ou malheureusement, il y a eu des gens qui lui ont supplié de ne pas le faire, de laisser ce dernier avec sa conscience. Demande qu’elle finit par accepter pour le  respect et la considération qu’elle manifeste envers ces derniers-là. Si seulement ces gens ne sont pas intervenus, le lanceur d’alerte serait, au moment même où je m’apprête à boucler ce billet, entre les mains de la police. 

À noter aussi que si la nommée Fatim est revenue sur sa décision, d’autres, à sa place, ne le feront sans doute pas. Alors, disons que si l’on peut arrêter avec les poissons d’avril ou du moins savoir dans quelle sauce les mettre, ce serait mieux !

Éducation, Chronique

Chronique sur « L’enfant philosophe: De La métaphysique, tome1 « 

L’enfant philosophe (tome 1) est le nouveau bouquin de notre jeune écrivain malien, édité par les éditions Edilivre en France. Ce Tome 1 moins volumineux (50 pages) mais riche dans son contenu en connaissances, informations et sera suivi d’un deuxième dans les prochains mois m’a rassuré l’auteur. Cet ouvrage sera bientôt disponible dans les librairies maliennes et sur les points de vente en ligne. Mais avant de nous plonger dans le livre, il est important de connaître d’abord son auteur comme j’aime le faire et le rappeler à d’autres, pour mieux appréhender la pensée d’un auteur, il faut d’abord connaître l’auteur lui-même, sa vie. Car on ne peut pas parler de la pensée de quelqu’un sans pour autant le connaître. 

Qui est Fousseni TOGOLA ? 

   © Fousseni Togola

Fousseni est né le 19 septembre 1989 à Fana où il passa ses études primaires et fondamentales avant de la quitter pour la première fois afin de pouvoir faire son lycée à Ségou  où il obtint son bac en 2011. Après le bac, il s’inscrit en philosophie dans la faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE)  de l’Université de Bamako où il sort avec une Maîtrise à son compte avec une mention bien en 2013. En cette même année, il entre à l’École normale supérieure (EN.SUP) de Bamako suite à sa réussite au concours d’entrée directe à cette prestigieuse grande école où il sort l’année dernière avec un Master avec une mention bien en philosophie. Marié et père d’un garçon, il est professeur de philosophie au secondaire à Bamako. Ayant comme centres d’intérêt: l’éducation, les droits de l’homme, la parité entre les sexes, l’environnement, TOGOLA est aussi Blogueur (membre de la communauté des blogueurs du Mali dénommée DONIBLOG), journaliste et auteur de plusieurs articles et plusieurs livres dont le dernier en date est l’enfant philosophe.
Prolégomènes  de  L’Enfant Philosophe,   Tome 1 : de la métaphysique
 » Les benjamins de la famille sont en général les enfants les plus chouchoutés, les plus gâtés parce qu’ils arrivent à un moment où le père et la mère sont déjà vieux et par conséquent n’ont plus assez de force pour s’engager durablement dans l’éducation. Outre cela, l’idée que le benjamin constitue le dernier enfant, celui qui durera auprès d’eux pendant leur vieillesse faite qu’ils ne songent plus à lui faire des impositions. C’est ce qui explique l’extrême intelligence de la plupart de ces enfants. Cette grande capacité de compréhension relève juste du fait que l’enfant évolue normalement sans trop de pressions familiales et bénéficie aussi de la sagesse de la vieillesse. C’est pourquoi Aristote suggérait qu’il faut se marier vers l’âge de 37 ans. Moussa est un enfant de dix ans, très intelligent et courageux. Le jeune homme outrepasse tous ses camarades en intelligence ; une intelligence entretenue certes par sa curiosité. Il est très curieux et veut tout savoir. S’il est vrai que l’étonnement, le questionnement sont l’origine de la philosophie, alors il n’y a aucun doute, Moussa est né philosophe. Le quotidien de cet enfant, c’est l’assouvissement de sa curiosité en questionnant instantanément les vieilles personnes voire en animant des débats autour des problématiques que nous considérons comme de véritables casse-têtes. Par ailleurs, le comportement de Moussa confirme les propos de Karl Jaspers selon qui il existerait une philosophie strictement pour les enfants, une philosophie des enfants. À cet effet, ce livre aurait pu s’appeler une didactique de la philosophie puisque la plupart des didacticiens pensent à l’instauration d’une philosophie pour enfant, c’est-à-dire des séances au cours desquels le professeur organise des débats avec les enfants. Alors, ce livre constitue une ébauche des différentes problématiques traitées et résolues par le jeune Moussa lors de ses ébats philosophiques. L’enfant philosophe est un appel lancé aux parents, aux autorités scolaires pour qu’ils ne considèrent plus un enfant comme un être ne pouvant poser que des questions insensées ; l’enfant est un être assez mystérieux qui peut nous apprendre pleine de choses si toutefois nous savions nous intéresser à ses interrogations qui sont pour la plupart et dans un premier temps métaphysiques. » P. 5 à 6.

 

Avis
L’enfant philosophe est un livre qu’on  peut mettre dans la catégorie roman philosophique comme Le monde de Sophie de Jostein Gaarder ou encore l’âme du monde de Frédéric Lenoir par exemple.

C’est un ouvrage écrit dans un style simple  et son contenu est facile à saisir. C’est pourquoi on peut le prendre comme une référence d’initiation à l’étude de philosophie et je n’hésiterais pas à le mettre parmi les livres que je conseillerais pour qui veut s’initier à la philosophie surtout à la métaphysique s’il me le demande évidemment. Pourquoi? Parce qu’on y trouve tout simplement la pensée des grands philosophes comme Platon sur la question de l’immortalité de l’âme et Aristote , Marx sur le progrès, Freud sur le rêve ; des interprétations religieuses(La Tora, la Bible et le Coran) sur la mort, sur le Bien et le Mal et celles scientifiques(de la mort) sur les thèmes abordés et qui sont savamment et globalement expliqués avec clarté et simplicité et confronter les unes aux autres selon le thème auquel elles se substituent.

Comme vous l’auriez déjà compris, ce tome 1 traite de la métaphysique. De ce fait, les questions qui y sont abordées sont d’ordre métaphysique à savoir la question de la mort, la question de l’origine du Bien et du Mal, du progrès social, le rêve. Le tout expliqué dans un chronogramme de cinq jours (un jour, un thème, comme on le faisait avec le conte dans nos sociétés traditionnelles.). Mais pour ce faire, il faut savoir qu’est-ce que la philosophie? Qui est philosophe? Qui ne l’est pas? C’est là, la question de départ de l’enfant philosophe à son père puisqu’il est lui-même appelé philosophe tandis qu’il ne sait pas qu’est-ce que c’est.

Donc ces questions sont soulevées par un enfant curieux (suite à ses différentes observations sur des faits constatés dans son environnement) qui, au départ, est vu dans son milieu comme un dérangeur et par conséquent on le fuyait comme Socrate l’a été à Athènes dans la Grèce antique (lire dans l’Apologie de Socrate). Chose qu’il a mal vécue dans son être et qui l’a même  mis dans une  profonde « angoisse ». Mais heureusement qu’il fut aussitôt compris et aidé par son père qui est le seul à comprendre son mal et qui est allé jusqu’à se défaire de certains de ces cours à l’Université, car il vient de saisir l’intérêt pour les enfants de s’extérioriser, de communiquer avec d’autres pour les comprendre afin de les aider à mieux comprendre les choses, voire même celles les plus mystérieuses. Le père de Moussa est à l’image de ces pères responsables et exemplaires qui ne badinent pas avec l’éducation de leurs enfants et qui méritent d’être appelés père si je m’exprime en confucéen. Moussa à son père : « Tout le monde trouve que je pose trop de questions. En conséquence, nul ne veut discuter avec moi… (or) j’apprends plus à travers les questions-réponses qu’en bichant mes leçons. »  P.10

Comme les didacticiens, l’auteur trouve utile de créer un environnement d’éducation stable aux enfants et les laisser apprendre par eux et pour eux et non par autrui. Cela se fait  à travers les débats, les questions-réponses. Donc inutile d’imposer aux élèves de mémoriser des milieux de pages de leçons dont ils ne comprennent même pas  le sens.

Ce qui m’a beaucoup frappé dans ma lecture, c’est comment l’auteur à travers ce fameux professeur de philosophie au supérieur  a su savamment et pédagogiquement et surtout avec simplicité traiter les questions de son fils en citant des auteurs comme Aristote, Gilles Deleuze; Marx, Popper ( parmi d’autres) par-ci par-là. Or la philosophie est considérée par beaucoup comme une discipline complexe à cause de ses concepts, son langage. Mais il a su la rendre simple. De ce fait, si je me le permets, L’auteur est un vrai pédagogue (fonction l’oblige), un philosophe didacticien comme Michel Tozzi et qui appelle à l’être pour se faire comprendre sans être pourtant ennuyeux pour ses interlocuteurs. Ainsi, n’est-il pas nécessaire de faire une philosophie pour les enfants ?  En tout cas, il y a un message envoyé à tous les éducateurs. Ce n’est pas pour rien qu’ il cite Tariq Ramadan comme un modèle de cette posture. Écoutons l’auteur lui-même sur la première attitude prise par Amadou suite à la première question d’entrée posée par son fils avant de commencer à philosopher ensemble:

« (…) Il (le père de Moussa) réfléchit sur la façon de répondre à cet enfant en adaptant sa langue à son niveau de compréhension comme fait Tariq Ramadan, le grand islamologue et philosophe Égyptien, dans ses entretiens sur l’islam avec ses étudiants et avec la masse hypertrophiée. » P.11

Le cas Moussa est celui de tous les enfants dans la solitude éprouvant des sentiments de communiquer, mais qui en sont toujours privés dans ce monde de chacun pour soi et le diable pour tous. Mais Moussa a de la chance d’avoir Amadou comme père et d’autres gens autour de lui.

Les enfants doivent être écoutés comme les adultes. Ils ont quelque chose à nous dire et à nous apprendre. La communication est vitale pour leur épanouissement. De ce fait, nous devons nous intéresser à leur cas, de leur enfance afin de bien la comprendre et l’étudier. C’est un vibrant appel de notre blogueur :

 « L’enfance est une période qu’aucun philosophe n’arrive encore à bien cerner, mais qui mérite d’être interrogée  profondément en nous y intéressant. » P. 48

 

Quelques personnages

Moussa: l’enfant philosophe

Amadou: professeur de philosophie à l’Université de bendougou, père de l’enfant.

Aïssata: mère de Moussa.

Mamourou: grand frère de Moussa et son grand maître en traduction de rêve.         

Ibrahim Sona: prof.d’histoire de Moussa.