Actualité, Politique

PRÉSIDENTIELLES 2018 AU MALI: ce qui doit être dit aux candidats ! 

Le 29 juillet prochain, les Maliens se rendront à nouveau aux urnes pour élire leur président pour les cinq prochaines années. À l’heure actuelle, une vingtaine  de candidatures sont officiellement faites pour ces échéances électorales, mais on peine jusqu’à présent  à rendre public les projets de société et visions pour le chantier du Mali dans les cinq prochaines années.

Parmi cette vingtaine de candidatures, nous avons celles de Soumaïla Cissé de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), de Modibo Sidibé du Nouveau Pôle Politique et des FARE, de Moussa Mara du Parti Yéléma-le changement, Aliou Diallo du ADP-Maliba et les derniers en date, Oumar Mariko du SADI, Dramane Dembélé de l’ARDEMA (L’Alliance pour le Redressement de la Démocratie au Mali) et l’actuel président de la République Ibrahim Boubacar Keïta.

Du côté du camp présidentiel, on est à pied d’oeuvre pour ne pas céder le pouvoir à d’autres, d’où le fameux slogan « Boua Ta bla », Boua ne quitte pas ! Quant aux autres candidats, eux, ils pensent que le problème du Mali d’aujourd’hui, c’est IBK. Donc il faut tout faire pour le remplacer. Changer IBK suffit-il à résoudre le problème du Mali ? Ou continuer avec lui permettra-t-il de répondre aux aspirations nouvelles des Maliens ?

Les aspirations du Malien sont grandes aujourd’hui que ça ne l’était en 2013. Le Mali souffre presque dans tous les secteurs. La Sécurité, l’Autosuffisance alimentaire,  l’Éducation, l’Emploi, la Santé sans compter le détournement du dénier public demeurent des préoccupations de l’heure à prendre au premier plan. Le Malien attend des politiques fortes et des visions nouvelles sur ces questions.

Par le passé, on nous a habitués à faire des promesses politiciennes qui, une fois au pouvoir, sont mises dans les oubliettes. Ou à distribuer des tee-shirts ou du thé et du sucre pour gagner l’électorat malien. Le Malien nouveau ne veut pas se laisser faire. Il étudie le profil des candidats et exige d’eux des projets de société. Il ne se laisse pas corrompre comme on a coutume à le faire. Il aspire au changement, mais pas à ce qui consiste à changer seulement  l’un par l’autre, mais un changement dans la gestion des affaires, des mesures et politiques fortes et efficaces pour lutter contre la corruption grandissante à tous les niveaux, restaurer la confiance entre les dirigeants et les dirigés, entre les Maliens, restaurer une paix durable dans ce pays, créer des emplois pour les jeunes, assainir le milieu scolaire et universitaire en le débarrassant des violences, des grèves incessantes pour une éducation de qualité…

Or, au lieu de commencer à nous proposer leur programme respectif, les candidats passent tout leur temps à critiquer le gouvernement en place ou à faire des discours dépourvus de sens. Le peuple malien attend plutôt qu’ils leur fassent des propositions de sortie de crise voire de développement. Le Malien nouveau choisira son candidat à base d’un programme, de vision et non sur de simples promesses. Il veut voir les candidats face à face sur des plateaux télé ou radio pour parler de leur projet, défendre leurs idées et visions, en un mot, un débat entre les candidats avant de décider à qui donner sa voix.

Chères candidates et candidats, l’électorat malien attend avec impatience vos projets et propositions pour le Mali des cinq  (5) années à venir.

Aussi faudrait-il rappeler qu’à l’heure actuelle, seul le candidat de Yéléma-le changement a pu dévoiler les grandes lignes de son « Programme d’Actions Concrètes pour la Transformation Économique et Sociale (PACTES) »    et son contenu à travers des conférences de presse et sur les réseaux sociaux. Avec Soumaila Cisse, tout ce qu’on sait de son programme est que sa famille ne serait pas mêlée dans la gestion des affaires de L’État. Sinon on sait aussi pour Mamadou Igor Diarra,  c’est dans son livre intitulé « c’est possible au Mali ».

D’ici les élections, il ne nous reste que deux mois, je répète, deux mois. Il ne faut pas attendre jusqu’à la veille du scrutin pour venir nous embrouiller, nous surmener, nous rendre confus dans nos choix. On a besoin d’un temps de lecture, d’écoute, de partage, de réflexion pour un choix en toute responsabilité et en toute conscience.

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Chronique, Politique

Chronique sur « Les leçons du pouvoir » de François Hollande (2)

« La sympathie, la convivialité, la compréhension sont utiles en diplomatie mais elles ne doivent pas créer l’illusion. Il faut toujours savoir à qui l’on a à faire. Le péché en cette matière c’est de croire davantage en ses qualités personnelles que dans les rapports de force. L’arrogance n’est jamais loin de la naïveté. » ( P.63 ). C’est sa leçon fondamentale qu’il tire de ses relations avec les autres dirigeants avec qui il a travaillé en tant que Président notamment sur des dossiers brûlants comme le dossier Syrien ou encore celui de Minsk ou de la Crimée. Et vous l’auriez sans doute saisi dans la première partie de la chronique.

Cela compris, l’auteur entend s’expliquer et informer auprès des Français, pas pour défendre coûte que coûte son bilan quinquennal, qu’il pense qu’avec le temps se défendra de lui-même, mais parce qu’ils en ont droit: « Je veux que les citoyens comprennent les réussites et les regrets, les joies et les peines, les ambitions et les déceptions de celui qu’ils ont désigné pour les diriger. Je souhaite tirer pour les Français les leçons du pouvoir. »( p.7 )  Pour ma part, je dirai, outre les Français, il a su tirer des leçons pour tous où que l’on soit. Il suffit de commencer à lire le bouquin pour le sentir et le saisir. Il y livre sa conception politique et de la gouvernance, son rapport avec ses collaborateurs, de sa vie de président et d’ancien….

Aussi, décidé à faire « Une présidence « normale » », il juge loin d’être « banale ». Car  » elle exige dans des circonstances graves et dans la dureté des temps de toujours garder son sang-froid, de faire preuve de sagesse et de veiller à l’apaisement pour maintenir à tout prix l’unité de la nation. »

La parole présidentielle

Aussi, le Président doit parler « tout le temps » ou rarement, il répond que  » la parole présidentielle doive être rare », car  » le citoyen a besoin aussi d’explications. Il ne comprend guère que le président ne sache pas répondre à ses interrogations, à ses doutes ou à ses critiques. Il l’a élu, ce n’est pas pour le voir s’enfermer dans une tour d’ivoire dont il sort à intervalles espacés selon son bon plaisir. Régulièrement, le responsable de la marche de l’État doit répondre aux critiques ou aux objections. C’est la loi de la démocratie.«   (P. 130)

C’est dans cet esprit qu’il a dû prononcer environ trois cents discours, des interventions construites et délivrées avec solennité, et auxquels s’ajoutent les nombreuses prises de parole lors des cérémonies ou de visite et dîner d’État, sans oublier les points de presse tenus en France comme à l’Étranger: tout cela en cinq ans de présidence. Le président doit « Parler par tous les temps » car « La parole présidentielle obéit à une autre loi d’airain : si l’on veut toucher plus largement l’opinion, annoncer une réforme importante, expliquer plus avant une politique, il faut prévenir. Un discours important, c’est d’abord celui dont le président fait dire à l’avance qu’il le sera. »  (P.131)

Son plus grand regret

Son plus grands regret dans ce domaine est de n’avoir pas su user des médias sociaux et de rester très classique. Écoutons-le: »L’univers médiatique a considérablement changé depuis une décennie. Les réseaux sociaux ont bouleversé la donne. L’image fait le sens. Le « buzz » fait le son. Le tweet fait le discours. Tout est raccourci, amplifié et parfois détourné. J’ai sous-estimé la révolution qui s’opérait sous mes yeux. Je suis de la génération de la presse écrite, de la télévision, de la radio le matin. Ces médias, heureusement, continuent d’exister mais ils sont soumis à une concurrence de chaque instant.

« […] Au milieu de tant de signaux, d’alertes, de bruit qui tourne à la cacophonie, la hiérarchie des informations est bouleversée. Le fait du jour devient l’événement dont le président ne peut s’abstraire et qu’il doit commenter dès qu’il est à portée de micro ou de caméra. Il est sommé d’en dire un mot en intervenant luimême sur les réseaux sociaux, devenant dès lors un acteur comme les autres. Le piège se referme. Dès lors que la parole présidentielle est devenue quasiment quotidienne, on ne peut privilégier aucun cadre. Le chef de l’État doit accepter d’être présent dans de multiples espaces médiatiques. Finalement, seul compte le contenu.«  (P.133-134)

En l’en croire, c’est une nécessité, mais aussi une obligation pour le président de parler car c’est une responsabilité qui l’incombe et pour être plus proche du citoyen qui a le droit d’être informé ou avoir des explications telle ou telle chose.

La science comme un atout

L’auteur ne se limite pas à rapporter simplement les faits et les événements ou encore à faire de son livre un lieu de règlement et livrer dessus ses conseils, mais c’est un auteur qui s’assume et fait des propositions à satiété, en tant qu’un politique. C’est dans ce sens, par exemple, qu’il réaffirme sa foi en la science, dans sa nature technique et croit que c’est un atout sur lequel on peut s’appuyer pour créer de l’emploi et que la couche fragile puisse en bénéficier: « Il faut au contraire mettre à profit les nouvelles technologies pour inventer un modèle faisant appel à l’innovation et à la qualité du travail, plus soucieux du bien-être et plus respectueux de l’exigence environnementale. La diffusion de l’intelligence artificielle, comme la robotisation, va provoquer une nouvelle révolution dans nos modes de vie. Il est logique qu’elle fascine autant qu’elle inquiète. Elle va ouvrir de nouveaux marchés, offrir des nouveaux services notamment en matière sanitaire, améliorer les conditions d’existence des populations fragiles et donner accès à des savoirs encore inexplorés. » ( p.250 )

Mon avis

C’est un livre que j’ai beaucoup aimé et, ce, depuis la première ligne jusqu’à la dernière. J’y trouvé assez d’informations et conseils en tant que lecteur mais aussi en tant que Citoyen. J’y ai trouvé des moments de tristesse et de compassion surtout quand il revient sur des événements comme les attentats terroristes en France notamment celui contre charlie hebdo; les conditions dans lesquelles il a dû renoncer à se présenter pour un second mandat ou quand il revient sur ce qu’il nomme « Mariage pour tous sauf moi ». Néamoins l’auteur ne m’a laissé sans espoir et réflexion comme dans ce passage :  » l’Afrique, ce continent d’avenir dont la population ne cesse de croître et dont les matières premières suscitent l’envie, elle entend changer les règles du partage des richesses pour assurer son propre développement, mais sa jeunesse n’a pas le temps d’attendre et les migrations promettent d’être considérables si rien n’est fait dans sa direction.« (p.245)

En une phrase, Les leçons du pouvoir, citoyen ou politique, ce livre est pour toi car il a été écrit pour l’être! Bonne lecture !

A retrouver la première partie ici https://philosophonsaumali.wordpress.com/2019/04/28/chronique-sur-les-lecons-du-pouvoir-de-f-hollande-1/

Chronique, Politique

Chronique sur « Les leçons du pouvoir » de F. Hollande (1)

Les leçon du pouvoir est l’intitulé d’un livre paru dans les éditions « Stock » en 2018. Son auteur n’est pas méconnu du grand public, et ce pour avoir été le dirigeant d’un des pays ayant une politique étrangère plus influente – plus présents sur la scène internationale: c’est François Hollande. Volumineux de plus 200 pages, ce livre est composé de 18 grandes parties avec une introduction et épilogue.

« Présider, Décider, Voyager, Faire face, Vivre, Négocier, Choisir, Parler, Réformer, Réagir, Regretter, Punir, Nommer, Rompre, Faire confiance, Renoncer, Affronter, Espérer » , tels sont les concepts derrière lesquels il livre au lecteur ses leçons du pouvoir et informations jusque dans les coulisses de L’ Élysée et d’ailleurs. Voulez-vous cerner la personnalité du Président russe, de l’actuel Patron du bureau ovale et de son Prédécesseur? Aimeriez-vous tirer des leçons du pouvoir sans être forcement au pouvoir? alors, prêtons l’oreille à François Hollande !

Poutine, « le plus dur sans doute »

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« Vladimir Poutine est l’un des dirigeants du monde qui peut s’enorgueillir de la plus impressionnante longévité et nulle limite ne semble s’opposer à la pérennité de son pouvoir. Aussi regarde-t-il ses homologues avec un mélange de condescendance et de curiosité. Il pense au fond de lui qu’ils ne sont que de passage et qu’ils sont soumis à des aléas médiatiques et politiques qui les rendent vulnérables. Il les juge pusillanimes ; lui ne connaît pas d’état d’âme. Il emprunte à la formation communiste reçue dans sa jeunesse des raisonnements forgés dans l’empire soviétique et il voue aux États-Unis une aversion héritée de la guerre froide. Il se pose aussi en défenseur ombrageux de la chrétienté face au péril de l’islamisme et en héraut des valeurs morales menacées par le désordre des mœurs venus d’Occident. […]Tel est le dirigeant russe, froid et déterminé, imprévisible, et délicat. Il s’accommode de l’Europe dès lors qu’elle est faible et divisée. Il joue avec les uns, usant de l’arme économique et énergétique et avec les autres en plaçant ses armées aux frontières. Il respecte la force, dont celle des États Unis, mais il a montré qu’il ne répugnait pas à employer tous les moyens, y compris les plus indicibles, pour semer le trouble au cœur même de la démocratie américaine. » (P. 50 – 54)

Obama, universaliste, mais n’oublie jamais les intérêts américains

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« Le président Obama est un homme qui ne doute pas de son charisme, lequel est incontestable. Comme me l’avait soufflé un conseiller qui le découvrait, il est d’abord « Barack Obama », un personnage, une icône, une page d’histoire, le premier président noir américain. C’est un orateur exceptionnel qui sait faire surgir une émotion par la magie de la parole, un intellectuel capable des raisonnements les plus charpentés et les mieux informés. Mais la chaleur qu’il fait partager à des foules et cette simplicité souriante qu’il affiche avec un talent rare et un sens élaboré de la communication s’effacent dans des réunions plus intimes ou dans les contacts personnels. Il n’aime guère se confier et encore moins exhiber ses sentiments. Il est un convive amical mais sur la réserve. Il mange peu et soigne sa ligne. Il ne finit jamais ses desserts et, quand je lui fais servir un plateau de fromages, il coupe précautionneusement un petit bout de chèvre qu’il abandonne ensuite sur le bord de son assiette. Comme s’il craignait de nous donner un avantage dans la négociation commerciale qui s’ouvre entre l’Europe et les États-Unis sur les produits agricoles… Car Barack Obama, aussi universaliste soit-il, n’oublie jamais de servir les intérêts américains. » (p. 51 – 52)

« Donald Trump au Téléphone »

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« Je n’ai pas eu le temps de travailler avec Donald Trump. Juste six mois entre son élection et mon départ. Avec deux échanges téléphoniques. Au cours du premier, il me déclara son amour pour la France, alors même qu’au moment des attentats qui nous avaient frappés il avait déclaré sans précaution que la « France n’était plus la France » et que « Paris n’était plus Paris ». Il me parla de notre gastronomie, de nos vins, de nos monuments, s’abstenant de toute allusion à nos autres atouts. Interrogé sur le climat, il me dit qu’il avait été élu par les Américains à qui il n’entendait pas faire payer quoi que ce soit pour une cause qu’il ne soutenait pas. Et que c’était aux Chinois et aux Européens de montrer l’exemple. Il ramenait tout à des questions d’argent et j’étais pris par le vertige des « billions » de dollars dont il souhaitait faire l’économie. Lors de notre second et ultime échange téléphonique, il se voulut plus conciliant et pour mieux témoigner de la confiance qu’il me portait, il me demanda si je ne connaissais pas quelques conseillers qui pourraient utilement rejoindre son équipe présidentielle. […] Un long silence suivit ma suggestion. Il comprit que j’avais compris. Nous n’irions pas plus loin. Et aujourd’hui, je mesure que son problème ne se limite pas à son seul entourage. » ( p. 57 – 58.)

A suivre l’avis du chroniqueur…

Éducation, Chronique

Chronique sur « Bintou, l’enfant philosophe » de Fousseni Togola

Bintou, L’enfant philosophe est le titre du nouveau bouquin qui nous vient du jeune écrivain Fousseni Togola. Il est à paraître chez Innov Éditions, une jeune maison basée à Bamako au Mali. Il est préfacé par Alain MAUFINET avec un avant-propos signé par Boubacar Yalkoué. Le premier est un jeune guidé par les auteurs romantiques et qui rêvait d’équipes lointaines. En 1969, Alain a choisi l’uniforme. Il a longtemps sillonné les terres de l’Est de la France et d’autres continents. Il est séduit par le Sahara. Il lit et écrit régulièrement. À l’aube de l’an 2000, il entreprend une nouvelle carrière dans l’immobilier. Il aime les mots de la vie réelle. Il adore ceux de la fiction. Il imagine les secrets des hommes et des femmes qu’il croise, pour les peindre, dit-il. En 2018, il publie un roman : Les larmes du désert. Quant au second – Boubacar Yalkoué – il est journaliste, fondateur et directeur de publication du quotidien malien « Le Pays » ni moins membre de l’Association des Éditeurs des presses privées, ASSEP.
20190406_065306Crédit photo @ Fousseni Togola / Passionné de la lecture; de l’écriture et des NTIC, l’auteur est professeur de philosophie, journaliste, blogueur, contributeur sur la plateforme numérique malienne – Benbere. Il est auteur de plusieurs livres dont les derniers en date sont Féminitude : Musoya et Bintou, l’enfant philosophe.

Extrait de la Préface de Bintou, l’enfant philosophe

« […] Ce roman philosophique est un témoignage sans concession de la société malienne. Ce pays traverse aujourd’hui une très grave crise qui fracture et détruit l’héritage ancestral. L’auteur le constate, et le dénonce, tout en nous indiquant plusieurs pistes de réflexion pour tenter de lutter contre le déclin des traditions et faire renaître les valeurs des anciens. Tout au long de son écrit, c’est avec flamme et passion qu’il défend le sujet essentiel qui le préoccupe, la place de la femme dans la société.
Bintou est une adolescente qui fait rapidement preuve d’une grande intelligence. Elle veut comprendre le monde qui l’entoure. Autour d’elle, tous estiment que c’est « une aiguille dans une plaie ». Amadou, son père, est professeur de philosophie dans une université. Fier de sa fille, il va l’écouter, la comprendre, et l’encourager dans sa démarche. Il la considère libre et égale de ses frères. En suivant Bintou, et sa famille, nous balayerons les grandes questions qui se posent à l’homme, au Mali, en Afrique et dans le monde. Jusqu’à son dernier souffle, Amadou va continuer la formation philosophique de Bintou. Il finira par lui confier les quatre règles de vie qu’il juge essentielles. Il a choisi sa fille qui marche sur ses traces, pour transmettre la totalité de ses réflexions, et de ses connaissances. […] »

L’avis du chroniqueur

Comme vous l’auriez compris, ce livre se veut être un roman philosophique, mais aussi un livre pour la cause féminine et l’éducation des enfants. C’est une sorte de ‘’philo pour enfant’’. Un livre qui se veut être tout simplement au service de la Nation et de la Société Malienne, voire d’ailleurs. L’auteur y aborde des thématiques pertinentes d’ordre philosophique, politique, sociologique et moral dans les quatre parties et les deux suppléments desquelles le livre est composé.

  Philosophique, en ce sens qu’il procède à une analyse philosophique tout au long de son écrit, mais avec un style accessible à mon goût – c’est-à-dire point d’ennui pour le lecteur. Contrairement aux grands philosophes comme Kant ou Hegel qui demandent une initiation à la lecture philosophique, ce tapuscrit reste accessible au large public non initié. La question de la mort, du rêve, du bien et du mal, de la politique – pour ne citer que ceux-ci – sont des concepts qui sont chers aux philosophes et qu’ils n’ont de cesse traiter pendant toute l’histoire de la philosophie avec des approches plus ou moins différentes et à des époques plus ou moins différentes. Le professeur de philo ne manque pas de rappeler la conception de certains comme celle kantienne sur la morale notamment son devoir moral qui consiste à rendre service à l’autre sans arrière-pensée parce que l’on doit le faire et c’est tout. Le rêve chez Freud croisé avec celle traditionnelle de nos aïeux; La métaphysique chez Aristote et d’autres auteurs sont également abordés à travers une technique de questionnement socratique entre Bintou et son père. La jeune fille arrive à se dégager une position par rapport à ces thématiques à travers un argumentaire solide.
  Politique, en ce sens qu’il dénonce et porte un regard critique sur notre démocratie telle qu’elle apparaît sous nos cieux notamment au Mali ou ailleurs en Afrique où l’on a l’impression d’être dans une sorte de démocrature et non dans une véritable démocratie comme la décrivaient Les lumières ou qu’on peut voir dans d’autres contrées. Des élections dont les résultats font toujours objet de controverses et de polémiques, car la nature de leur crédibilité et transparence se trouve toujours remise en cause. Les élections présidentielles maliennes de 2018, où l’on était à deux doigts de vivre une crise post électoral, en est une parfaite illustration. Aussi, l’auteur ne parle- t- il pas de l’échec de l’électorat malien à rajeunir la classe politique étant donné qu’on s’est retrouvé finalement avec les mêmes têtes ? Aux yeux de notre philosophe, c’est une des grosses déceptions de ces échéances électorales et qu’il y ait toujours la nécessité de rajeunir la classe politique avec des politiques pouvant et devant se démarquer des aînés pour réussir là où ces derniers ont échoué.

  Sociologique et moral au sens qu’il s’attaque aux maux qui minent notre société sous sa forme actuelle, une société devenue plus ou moins individualiste qu’elle ne l’était autrefois. L’entraide, l’altruisme, l’hospitalité, le vivre ensemble sont des valeurs que nos anciens nous ont léguées, mais dont nous avons tendance à mettre dans les oubliettes pour chercher à fonder une société de chacun pour soi, Dieu pour tous au lieu de celle de chacun pour tous et tous pour chacun. Que c’est déplorable! À cela s’ajoute « l’impact des nouvelles technologies sur nos sociétés, le problème de l’immigration, la problématique du réchauffement climatique, etc. ; la morale ; la question du mariage ». Voilà de quoi parler du sociologique et du moral dans le livre.

Cela étant expliqué, le chroniqueur voit en ce livre un appel profond aux parents à jouer pleinement leur rôle dans toutes ses dimensions vis-à-vis de leurs progénitures comme Amadou et sa femme le font avec leurs enfants notamment à l’endroit de Bintou. Que l’enfant fasse le bon fils vis-à-vis de ses parents comme l’enfant philosophe le fait avec ses parents notamment envers le père philosophe jusque sur son dernier lit d’hospitalisation où il rendît l’âme est également un appel pressant dans un monde où la gérontocratie est en voie de disparition. Créer un environnement meilleur pour les enfants dans lesquels ils pourront s’épanouir convenablement avec des valeurs humanistes inculquées en eux, c’est là la grosse visée de l’auteur.
Aux enseignants et autres éducateurs de revoir leur attitude vis-à-vis des enfants qu’ils soient à leur écoute afin de mieux les comprendre et les traiter comme des gens qui pensent et non des gens à faire penser en oubliant leurs véritables préoccupations. C’est aussi un appel aux gouvernants à travailler davantage dans le sens de la félicité de leurs concitoyens. C’est également pour penser une société plus humaniste que celle individualiste et divisée, dans laquelle société altruiste et tolérante la femme ne doit plus être vue comme marginaliser, et ce sur tous les plans.

Autre chose: dans ce roman philosophique, j’ai senti que l’auteur voulait faire passer un message très profond aux élèves et étudiants aussi: la culture de la lecture et de la recherche qui ont fait de Bintou la grande philosophe et l’universitaire que beaucoup de ses collègues craignent, mais aussi celle dont les gens se demandaient: mais celle-là, où est-ce qu’elle a pu faire ses études pour être à un tel niveau? Détrompez-vous, Bintou n’a jamais pris le vol pour l’occident ni pour ailleurs que son Mali natal. N’a pas également été envoyée dans les écoles privées, mais dans celles publiques. On dira qu’elle a juste eu la chance d’avoir un père philosophe à sa disposition comme Amadou dont elle a su profiter de la sagesse et de la connaissance de celui-ci. Chose qui ne lui a pas empêché de dévorer les livres de la bibliothèque de son père et d’avoir su profiter des biens faits de l’internet dans le cadre de sa formation et de son développement personnel. Ainsi, ne devons-nous pas faire comme l’enfant philosophe?

Actualité, Droits de l'homme

Au Mali, n’y-a-t- il pas nécessité de suivre l’exemple Rwandais ?

Le Rwanda est un pays ayant connu une pire période de la déshumanisation de l’humain. Le génocide rwandais fait sans doute rappeler les esprits au procès du Nuremberg ou à l’entreprise hitlérienne de vouloir exterminer les juifs, dans des camps de concentration, dans des fours ou des chambres à gaz, de l’espèce humaine. Ce fut le même cas au Rwanda des années 1990 – plus précisément de 1994, une ethnie partit à la chasse de l’autre: le Hutu contre le Tutsi. Le résultat fut macabre, d’où le terme génocide qui l’accompagne à chaque fois qu’on en fait mention – plus de 800.000 morts rapporte-t-on.

Genocide

                              Crédit photo: inconnu

Le mérite de Kagamé et pourquoi s’en inspirer…

Nul ne peut admettre que le Rwanda ne s’est pas remis de ses blessures aujourd’hui, que les hutus et les tutsi ne se soient pas réconciliés, que la paix ne règne pas au Rwanda et entre ses citoyens. C’est le mérite du Président Paul Kagamé qui, dès sa venue au pouvoir, a fait de la paix et de la réconciliation sa priorité des propriétés bien qu’il aurait été lui-même directement victime de ce génocide. L’on pourrait lui reprocher tout sauf cela. C’est salutaire et doit être reconnaissable. C’est également le mérite et l’exemple du peuple rwandais d’avoir montré au Monde entier qu’ils sont le même peuple et qu’ils sont plus que jamais soudés. C’est un fait!

Les Maliens ne doivent-ils pas suivre l’exemple de ce pays? Le Mali, depuis 2012, vit la pire période jamais connue dans son histoire contemporaine. Frappé par une crise de multidimensionnelle, notamment par l’expansion du terrorisme sur son territoire, ce pays peine à retrouver sa paix et sa stabilité d’antan. Sa situation bien qu’alarmante, je ne pense pas qu’on puisse encore la comparer à celle du génocide rwandais, mais, vu les tensions entre les communautés au centre du pays notamment à la lecture du triste drame d’ogossagou et d’autres localités attaquées où il y a eu  lieu le massacre des populations résidentes, l’on aurait toutes les raisons de penser à un « Rwanda de 1994 » au Mali. Que nous ne soyons pas arrivés là!

Aux hommes de Médias…

Le cas de la radio mille collines est sans doute enseigné dans les écoles du journalisme notamment dans le journalisme en période de conflit et aucun journaliste sérieux ne saurait dire être en méconnaissance du rôle de cette radio dans le génocide: notamment son appel à la haine contre les tutsi et hutu modérés. Mon intention n’est nullement de vouloir enseigner le journalisme au journaliste, mais de rappeler la conscience de certains sur certains de leurs comportements ou dérives.
Quant aux medias internationaux, le citoyen doit faire extrêmement attention. La raison se trouve expliquer dans ce passage de Pierre Péan en parlant du génocide rwandais dans son CARNAGES: Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Paris, Fayard, Novembre 2010, p. 60 – [version électronique] – « […] L’opération a consisté à installer le mot «génocide» plus d’un an avant les massacres, puis à catégoriser de façon définitive les Hutu dans le rôle de futurs génocidaires et les Tutsi dans celui d’innocentes victimes . »

Bien que l’auteur soit un opposant déclaré du régime de Kagamé, il faut reconnaître que la main invisible procède presque toujours de la même sorte et les médias – implicitement ou explicitement à leur compte – s’en chargent du reste.

A nos politiques et partenaires du pays…

Je ne dirais pas comme d’autres que nos politiques ne font rien dans le sens de la paix et de réconciliation pour mettre fin à cette situation conflictuelle qui n’a que trop durée, mais qu’il y ait la nécessité de cultiver davantage le mérite de Kagamé dans les esprits des uns et des autres. Qu’ils cessent de saisir cette situation du pays pour se régler leurs comptes à eux: l’heure est à l’union. Que nos partenaires continuent d’être à nos cotés pour qu’il n’y ait plus des nouveaux ogossagous et que le pays retrouve sa stabilité d’antan.

PS: Excellente célébration de 25eme commémoration du génocide au peuple rwandais. Que règne la paix partout dans le monde!

Éducation, Société

Cultivons-nous et agissons ensemble !

Cette chronique aurait pu s’intituler « Jeunesse et défi au Mali » ou encore  »Quel apport de la jeunesse dans la construction nationale? » pour rappeler le rôle ou le quotidien du jeune malien, mais, ce n’est pas la question. Celle qui me préoccupe le plus, c’est comment avoir une jeunesse sur laquelle, il faudrait compter pour faire bouger les lignes? Comment avoir une jeunesse consciente et active?  

  De la formation et de l’information…

Pour toute jeunesse, la formation doit être un besoin qui s’impose. Le jeune malien d’aujourd’hui a le devoir de se former, c’est plus qu’une nécessité. Nous avons tendance à critiquer toujours et toujours notre système éducatif pour sa médiocrité et son option de fabrique de chômeurs, mais sommes-nous condamnés à y rester fidèle s’il est comme on le présente? Non. À L’ère de l’expansion numérique, l’internet est un atout qu’il faut savoir saisir et exploiter.
Par sa puissance, il fait du monde un village planétaire où l’on a une large diffusion de la Connaissance et du Savoir pour ne citer que celle-ci. Les MOOC, les sites académiques et de téléchargement sont des moyens que l’on pourra saisir rien qu’à travers son forfait data acheté et son smartphone. Alors surfons utile. Outre cela, nous nous devons d’être à la quête continuelle de l’information. Comme le dit l’adage: « vaut mieux être sous-alimenté que d’être sous informé ». Ainsi, on se doit de s’informer et d’informer autour de nous. De quelle information, s’agit-il? De la bonne, bien évidemment. De celle sur la vie de la nation voire du monde, de celle du quotidien malien et d’ailleurs, de celle sur ses centres d’intérêt. Où le trouver? Dans les journaux traditionnels comme modernes, dignes de confiance, dans les livres, en observant et échangeant autour de soi. Ainsi, nous pouvons comprendre et agir sur certaines questions touchant à la vie de la nation.

De la culture politique et de la culture entrepreneuriale…

Outre la formation et l’information, la jeunesse malienne est amenée à se cultiver sur le plan politique. Cette culture leur permettra de s’intéresser à la politique et à la chose politique et leur évitera de se faire manipuler pour des fins personnelles et égoïstes. Certes tout le monde n’est pas fait pour le même métier, mais une culture politique s’impose à tout citoyen. Car ne pas faire la politique, c’est aussi faire la politique ou d’être fait par la politique.
Le défi du jeune politique est de lever la méprise entre le citoyen et le politique en restaurant la confiance perdue avec d’autres, en instaurant la vérité et la raison dans la politique. Pour ce faire, le combat doit se mener dans les partis politiques tout étant patient. D’aucuns diront que le jeune malien aura été en perte de repère auprès des aînés, si cela s’avère, rien n’empêche qu’on s’inspire des autres politiques sous d’autres cieux comme Mandela ou encore Barack Obama.

Nous devons être créateurs de richesses et d’emplois. Pour ce faire, il faut qu’elle soit entreprenante. Une jeunesse entreprenante est une jeunesse qui gagne et qui fait espérer. Aujourd’hui, nous avons une nouvelle génération d’entrepreneurs dans nombre de domaines. Je crois qu’il faudra les soutenir et compter sur eux dans leur esprit entrepreneurial. Et que d’autres jeunes puissent leur emboîter le pas.

Le Mali ne peut être fait et bien fait qu’avec une jeunesse consciente et active, une jeunesse d’une formation de base solide – une jeunesse bien informée, d’une bonne culture politique, une jeunesse entreprenante et productrice. Les défis sont énormes et gigantesques, mais réalisables: il suffit d’y croire et se mettre dans le sens du travail.

Politique, Société

Conflit au Centre du Mali : Qui faut-il accuser pour ne pas accuser qui?

De 2012 à nos jours, comme d’aucuns le disent, le problème sévissant le Mali de 2012 à nos jours n’a fait que se déplacer et non encore résolu, c’est-à-dire du nord, on s’est retrouvé au centre du Mali. Pour ma part, je dirais une extension des effets de la crise de 2012, car même le nord n’est pas encore en paix. Mais ce n’est pas là le sujet d’aujourd’hui. Pour aujourd’hui, le blogueur va se prononcer sur le « conflit dit intercommunautaire » au centre du Mali, plus précisément dans la région de Mopti. De ces évènements douloureux qui ne cessent d’y avoir lieu, les scènes d’accusation et des commentaires se multiplient de part et d’autre et du jour au lendemain. Alors qui accuser pour ne pas accuser qui?

Le Centre se trouve depuis quelques temps dans une instabilité totale. Laquelle instabilité fait jaser plus d’un malien. Des mouvements terroristes qui opèrent instantanément dans la région sans une grande crainte d’une part, la constitution des groupes d’autodéfense pour protéger ou lutter contre telle ou telle chose, de l’autre côté. Au paysage de cette atmosphère, des villages et communautés font quotidiennement l’objet d’attaque armée et, par conséquent, des vies humaines sacrifiées. Mais interrogéons-nous !

Qui en est l’instigateur? Qui meurt? Qui ne meurt pas?

Sur la première, des voix se lèvent. Certains accusant les Communautés dogonnes, à leur tête – sa milice d’autodéfense – de vouloir exterminer les communautés peules. Ces dernières sont également accusées par d’aucuns des terroristes en référence à la branche terroriste d’Amadou Kouffa. Le plus vigilant parlerait d’une hypothèse de recrutement de mercenaires étrangers pour faire le sale bouleau, mais dont leur employeur ne serait pas encore connu de tous. De la main invisible comme pour faire référence au célèbre titre de l’écrivain, Pierre Péan, Carnages: les grandes guerres menées par les puissances Occidentales en Afrique. L’histoire saura nous dire si ces conflits sont entretenus et nourris par une ou des mains invisibles ou non et pourquoi.
C’est qui est sans doute, le centre du Mali souffre. C’est qui est également sans hypothèse, des villages sont attaqués et sont sous menace d’attaque. Des villages peuls sont ciblés comme les villages dogons le sont également. Les communautés peules sont attaquées et on y compte des pertes de vies humaines et des biens comme les communautés dogons le sont également. Koulogon ou Ogossagou – toutes deux des localités situées dans le Cercle de Bankass – ont fait la Une pour les journaux, a vu intervenir des spécialistes sur les médias notamment étrangers: chacun y va de son analyse et de sa lecture sur ces douloureux évènements. Des peuls ont été massivement tués lors de ces deux attaques et que parmi les victimes on peut compter des dogons, que leurs âmes soient dans éternelle Paix!
De l’autre côté, les communautés dogonnes subissent le même sort, mais qu’à la différence des autres, on ne titrerait pas par exemple « Carnage: un village incendié et plus de 100 morts … ». Mais que des dogons meurent et que leurs terroirs sont attaqués et sont sous menace d’attaque. Tégrou, Bougou, Djombolo, Bodio, Tégri – des localités situées dans la Commune de Doucombo – Cercle de Bandiagara – sont des localités dites de communauté dogonne ayant subi des attaques engendrant même des pertes de mort d’homme et ayant subi également des vols de bétails, voire des cases brûlées dans certaines. Certes ça ne fait pas ou ça n’a pas faits les gros titres des journaux nationaux qu’internationaux, mais c’est l’exemple que les communautés dogons sont aussi menacées. Et que toutes deux communautés vivent dans la crainte et la peur de l’insécurité grandissante dans leurs localités respectives parce qu’ils sont laissés à eux-mêmes.

         L’État en est pour responsable ou en posture d’accusé…

Le sage malien en herbe croit que l’heure n’est plus à l’amalgame. Tout peulh n’est pas terroriste comme tout dogon ne veut pas la mort d’un peuhl. Nous ne devons pas accuser les uns au détriment des autres. Si l’on doit accuser, c’est à L’État qu’il faille le faire. Si l’État n’a pas jusqu’à ce jour montré son inefficacité à pour pouvoir sécuriser la zone, les populations qui s’y trouvent et leurs biens, on ne saurait pas aucunement parler des formations de milices d’autodéfense, d’enroulement des jeunes et des enfants dans le terrorisme ou encore des conflits intercommunautaires. Mais hélas, l’État, malgré ses efforts ou initiatives déployés ou en déploiement, n’est pas encore parvenu à dicter son autorité sur cette partie du pays comme dans d’autres localités du pays. Son initiative de dissoudre la milice Dana – Amassagou, lors de son conseil des ministres extraordinaire ténu suite aux évènements d’Ogossagou – est symbolique et salutaire si toutefois il parvient à joindre l’action à la parole en allant assurer sa mission régalienne de protectrice des populations et de leurs biens dans cette zone comme ailleurs sur le terroir national. Pour que plus jamais un village ne soit attaqué et pour que plus jamais des pauvres citoyens ne soient tombés sous le feu des armes.

Aussi, de la même manière qu’il faut s’en prendre à l’État, c’est de cette manière celui-ci se doit d’amener ses partenaires notamment ces forces étrangères présentes dans le pays à sortir de leur « passivité » surtout militaire face à ce conflit au centre du Pays.

Éducation

La médiocrité dans nos écoles: à qui faudrait-il s’en prendre?

L’éducation malienne n’est plus à ses belles heures où elle fit une référence dans la sous région voire ailleurs en Afrique. De la bonne qualité de l’enseignement, nous sommes passés à la mauvaise dans nos écoles notamment celles publiques. C’est dire que notre école malienne se trouve, depuis quelques années dans l’impasse, laquelle impasse fait beaucoup jaser presque partout et de tous les côtés.

Or c’est cette école qui a su former beaucoup de générations dont plusieurs cadres parmi lesquels certains se trouvent encore dans les plus hautes instances de décisions. Beaucoup d’entre eux ont étudié à un moment où l’école malienne semblait se porter au mieux notamment du point de qualité d’enseignement.

C’est en 1962 qu’elle s’est vue réaliser sa première grande reforme. Comme le rapporte un documentaire que j’ai visionné sur l’histoire du Mali produit par l’ortm, son objectif était de mener une éducation de masse et de qualité tout en décolonisant les esprits et permettre à chaque citoyen de bénéficier d’une formation de son choix et dans laquelle il pourrait servir utile à son pays. L’on voit là toute l’importance que Modibo et compagnons accordèrent à l’éducation des enfants, même si à cette époque l’école n’était pas aimée de nos grands parents pour des raisons qui sont les leur, et même si les moyens au bord étaient grandement limités. néanmoins l’intention et la volonté d’avoir une éducation de qualité et de masse y étaient.
Avec le Président Moussa Traoré, dans les 1980 notamment suite aux états généraux de l’éducation, il fallait actualiser le  système éducatif aux besoins du pays et faire en sorte qu’il puisse répondre aux objectifs du 3e millénaire. Certes, c’est avec le régime de Traoré que les enseignants ont le plus souffert, subi le plus d’humiliation et de torture, n’avaient pas un salaire fixe également poussant certains enseignants à l’abandon du métier, mais cela n’a aucunement infecté la qualité de l’enseignement. Cela étant dit, tout laisse à croire que l’école malienne, sous les deux premières républiques, fut une référence dans la sous région comme ailleurs, par sa qualité ainsi que par le niveau et la performance de ses produits. Mais il faut dire également que Moussa  a une part de responsabilité dans ce qui va être réproché à son succésseur.

La débâcle aurait commencé avec le président Alpha O. Konaré. C’est lui que beaucoup tiennent responsable de la médiocrité qui s’est, au fil des temps, installée dans notre milieu scolaire et universitaire, même si elle se faisait moins sentir à son époque. L’on le tient responsable notamment pour le fait qu’il ait fait de l’enfant un roi dont l’enseignant se voit désormais dans l’impossibilité de lui corriger par des coups de baton s’il venait à se comporter impoli ou qu’il ne réussisse pas ses exercices, la cessation du châtiment corporel dans les écoles. C’est l’explication partant du point de vue de l’opinion publique notamment du «bas peuple». Pour ce qui est de ces fondamentaux détracteurs, ils lui reproche d’avoir, une fois au pouvoir, « politisé l’école » notamment avec son ordonnance de la création des écoles privées et l’elaboration du Programme décennal dans lequel se trouve tracer les perspectives consignées dans le compte de la Reforme qu’il a réalisée dans le secteur de l’enseignement. Mais l’ex-prof d’histoire s’explique et se défend sur cette réforme pour qui veut l’entendre: « je n’ai pas fait ce que j’avais souhaité. J’aurais certainement mieux fait. Cependant les résultats […] plaident en notre faveur. [Mais]il existait une volonté délibérée de certains hommes politiques de nous conduire vers l’instabilité scolaire avec à la recherche à tout prix d’affrontements.» [1], nous rapporte Thierry Perret. Mais, demandons-nous, pourquoi vouloir une instabilité scolaire à tout prix? N’y a-t-il pas une prise en otage de l’enseignement surtout public pour des fins plus ou moins clairs et égoïstes? De telles questions se méritent d’être posées et auxquelles il faudrait répondre. Ce qui est sans doute, cette volonté d’aller à tout prix aux affrontements comme le fait croire le président Konaré, n’est pas resté sans conséquence sur notre école.

De nos jours, l’école publique se porte mal, voire très mal pour ne pas dire malade. L’étudiant malien semble ne plus être une fierté, ne plus mériter le titre de l’étudiant au sens propre du terme avec toutes les dispositions et exigences qui vont avec. L’élève malien semble plus proche d’un illetré qu’un lettré. L’enseignant malien plus préoccupé par sa poche que sa formation continue et celle de ses protégés. Le parent de l’apprenant malien n’a plus le temps pour l’éducation – surtout familiale – de ses progénitures. Nos politiques semblent ne plus faire de l’éducation leur priorité au dessus des priorités, la preuve par leur attitude face aux grèves répétitives des enseignants ou de l’aeem. Peut-être parce que leurs enfants sont soit dans les écoles privées turque, française, américaine dans le pays ou sont à l’exterieur car ils savent que la qualité de l’enseignement public est mauvaise.

Toutefois, il serait malhonnête de notre part, de ne pas reconnaître ou signaler les avancées qu’ont été réalisées dans le secteur de l’enseignement en termes notamment d’infrastructures et en terme salarial pour les enseignants, mais qu’en terme de qualité, il est en digression par rapport à ce qu’elle était autrefois. Comme le constate l’enseignant-chercheur malien, Seydou Loua, dans Les grandes reformes de l’enseignement malien de 1962 à 2016, «l’école coloniale qui était beaucoup détestée est beaucoup réclamé aujord’hui» [2], j’ajoute à son constat, de la même manière que cette école soit beaucoup demandée de nos jours, c’est de cette même manière que la qualité de l’enseignement est et doit être réclamée comme à ses débuts.

Aussi, Emile Durkheim aurait-il sans doute raison quand il tint devant ses étudiants à la Sorbonne, dans ses cours sur l’éducation morale, ceci: « […] c’est dans les écoles publiques que se forment la majorité de nos enfants, ce sont elles qui sont et qui doivent être les gardiennes, par excellence de notre type national, quoi qu’on fasse , elles sont comme le rouage régulateur de l’éducation générale […] » [3], sauf que chez nous je ne pense pas qu’on puisse encore parler de la majorité de nos enfants comme dans sa France de 1902 – 1903 ou d’aujord’hui, mais de la majorité de nos enfants qui partent à l’école puisque le taux d’analphabetisme reste encore élevé dans notre société.

Toutefois, il urge que cette majorité soit bien produite dans le sens de la culture de l’excellence et non dans le sens de celle de la médiocrité qui s’empare de nos jours du milieu scolaire et universitaire malien. Pour ce faire, il faut que chacun, de l’étudiant à l’enseignant en passant par le parent et l’État, se mette dans cette dynamique pour le salut et l’avenir de ce pays car l’avenir de ce pays ne peut et ne doit pas se faire avec une petite minorité des scolarisés seulement comme d’aucuns le souhaitent. La formation continue des enseignants, leurs recrutements quantitatifs et qualitatifs dans nos écoles, les révisions des programmes, l’élaboration des manuels scolaires solides et adaptés aux besoins du moment, l’usage de l’internet pour combler aux déficits du système via son usage pour des fins de formation, d’information et de la recherche, sont des options de solution qui se présentent aujord’hui pour endiguer ce fléau de médiocrité dans nos écoles.
Nb: Il faut reconnaître qu’il y a encore quelques enseignants et étudiants dans le public qui forcent considération et respect malgré tout ce qui peut se dire de mauvais sur l’ecole malienne.

Réference bibligraphique

  1. Alpha Oumar Konaré, un Africain du Mali, éditions Cauris, 10 Rue Bleue 75009 Paris, caurisedition@aol.com, cité par Thiierry Perret, Alpha Oumar Konaré: portrait d’un africain de coeur, article à lire sur http://www1.rfi.fr/fichiers/MFI/PolitiqueDiplomatie/1440.asp
  2. Seydou Loua, « Les grandes réformes de l’école malienne de 1962 à 2016 », Revue internationale d’éducation de Sèvres [ En ligne ], 75 / 2017 , mis en ligne le 01 septembre 2019, consulté le 12 mars 2019. URL : http : // journals. Openedition. org /ries / 5917 ; DOI : 1O. 4OOO /ries. 5917
  3. Emile Durkheim, L’éducation morale ( cours de sociologie dispensé à la Sorbonne en 1902 – 1903 ) , Quebec, les classiques des sciences sociales, P. 09 – [ Version electronique ].

 

Éducation, Droits de l'homme

Éducation au Mali: Qui pour leur dire qu’on veut étudier ? 

Nos aînés, des années 1960 – 1990, se glorifient de la qualité de l’Education qu’ils ont reçue. Mais depuis quelques années, cette qualité d’enseignement semble disparue de nos établissements d’enseignement notamment publics. Tout le monde s’en plaint et s’accuse mutuellement. Je prends donc ma plume aujourd’hui pour écrire un coup de gueule sur ce phénomène se situant dans un secteur qui me tient beaucoup à coeur qu’est l’éducation. Pour parler donc un peu de l’étudiant malien et de son niveau qui fait toujours jaser. Mais aussi pour dire non à ces grèves répétitives qui continuent de paralyser le secteur de l’éducation au Mali. 

D’abord notre français est difficile…

Nos aînés dont leurs attestations du baccalauréat furent imprimés sur du carton dur disent que nous, avec du bac imprimé sur papier, n’avons pas de niveau. À leurs yeux, nous ne lisons pas, d’ailleurs nous ne savons pas lire ni bien écrire et n’aimons pas faire des recherches. Nous ne savons pas formuler une phrase simple correcte ( sujet + verbe + complément) à plus forte raison de construire une phrase complexe. 
Notre français est difficile à comprendre pour celui qui n’est pas de notre génération ni dans notre monde. Car ce n’est ni le français avec lequel jouait Molière dans ses pièces théâtrales ni moins celui de la francophonie où Senghor ou Aimé Césaire et consorts prenaient du plaisir à composer en vers ou en prose pour défendre les couleurs de la Négritude. Ce n’est également ni le français de la métropole. Notre français, c’est du charabia, c’est du français composé et complexe. C’est le français bamanakanisé-du français mélangé avec des termes de la langue bamanan. C’est du français fulfuldé – avec des termes peulhs. Du français sonrhaïnisé – du français avec des vocables de langue songhoy, pour ne citer que ces langues nationales avec lesquelles, on compose notre français pour mieux nous exprimer en l’aise. C’est du français truffé des fautes grammaticales et orthographiques pour d’autres. Chez nous, les règles grammaticales ont peu d’importance. D’ailleurs, ce style, seuls l’auteur de Allah n’est pas obligé, Ahmadou Krouma ou celle de Quand les cauris se taisent, Fatoumata Keita, semblent pouvoir le tolérer. Pour ces derniers, le français n’est pas aussi riche pour exprimer totalement certains termes de nos langues et que certaines réalités africaines ne peuvent mieux être exprimées et expliquées que dans nos langues africaines. Si eux le font volontairement et à merveille nonobstant leur parfaite maîtrise de la langue de Molière, nous, nous le faisons parce que nous n’avons pas le choix. Parce que nous n’avons pas une bonne maîtrise de cette langue qui est la langue officielle dans notre pays. Parler un bon français, c’est un privilège ici et qui n’est pas donné qu’à un cercle restreint de notre génération. 

À la fac, certains, faisant partie de ce cercle, sont souvent enviés ou méprisés par les uns et les autres. Mais notons qu’ils sont beaucoup méprisés qu’enviés. 

 Il le sait et nous en remercie… 

Autre chose, quand nous disons que nous sommes étudiants ou diplômés d’une Université Publique de la place, ils rient et nous leur faisons pitié. Eux, ce sont nos camarades des familles aisées qui fréquentent des établissements privés de la place ou des universités sous d’autres cieux. Eux, c’est tous ceux qui s’en moquent, de notre situation. 
Raison pour laquelle nous n’aimons pas beaucoup parler surtout quand nous nous trouvons face à eux. Ce n’est pas toujours  évident n’ont plus de connaissance que nous, mais il est évident qu’ils sont des « bons orateurs » et que nous, nous sommes mauvais orateurs. C’est pour cela, on préfère garder le silence sous prétexte de ne pas nous faire humiliés dans un milieu où c’est les talents d’orateur qui sont mis en avant. 

À la fac, nos enseignants-mêmes se plaignent de nous, de notre niveau  et on se plaint d’eux avec leur gros français surtout quand ils nous racontent leurs aventures estudiantines occidentales ou s’aventurent dans des pensées qui semblent détachées de nos réalités, le quotidien à nous. Le quotidien de l’étudiant malien pour reprendre un peu le célèbre titre de mon aîné et estimé, Boubacar Sangaré, Être étudiant malien.

Nous ne partons pas à la fac pour la Recherche de la Connaissance mais pour le diplôme. À la fac, nous courons derrière le diplôme, mais ne savons pas courir et n’avons pas l’audace de courir derrière le Savoir. C’est le diplôme qui nous intéresse et nous sommes conscients qu’après nous ne saurions faire que le Gardien à la maison pendant que d’autres sont occupés au bureau ou ailleurs.  

À la fac, c’est la loi du jungle. C’est la loi du plus fort. C’est les armes et non le stylo ni moins la tête. Ou La loi du plus offrant qui y est dictée. Et le moins fort et le moins offrant meurent à petit feu. Une AEEM-Association des Élèves et Étudiants du Mali – qui dicte sa loi par la violence, qui fait parler les armes. Et, des enseignants qui dictent la leur par le bic rouge pour des services plus ou moins indignes (imposition de l’achat des support des cours magistraux, le service du bas ventre ou versements de fonds pour passer à la classe supérieure). Dans ce cercle, le mérite est un concept vidé de sens de toute valeur. Ce n’est pas certes pareil partout, mais que nous en connaissions tout de même.  

Nos professeurs le savent et ils nous rendent la tâche plus aisée. L’Etat le sait et il nous remercie pour cela. Dans ces conditions, comment voulez-vous que nous puissions tenir tête aux revenants de Harvard, de Paris, de Londres, de Berlin, de Pékin, de Moscou ou encore de tout près de nous, de Dakar ou aux diplômés de nos universités privées de la place ? L’auto-formation, bien sûr. Mais pour quel coût ? C’est qui est sûr, nous sommes victimes d’un mauvais système qui ne dit pas son non. Et ce, à tous les niveaux, du préscolaire jusqu’à la fac en passant par le fondamental et le secondaire. La preuve par ces grèves répétitives des enseignants – du préscolaire au secondaire public – depuis la rentrée académique et donnent même à penser aux uns et aux autres une année blanche.  
C’est maintenant que pays semble se trouver complètement à terre et il faudrait de toute urgence l’aider à se relever. Il y est par cette situation qui sévit le secteur de l’Education Nationale et qu’il se doive de tenir debout par cette même Éducation, mais à un niveau meilleur. Trop de larmes sur mes yeux, mon coeur pleure et mon pays confus sur son avenir ! Trop, c’est trop ! Il faut que ça s’arrête ! Dites-leur que nous voulons étudier !!! 

Société

Aux « Nés Vers »: accepter d’être, c’est accepté d’exister !!! 

Suivant le calendrier grégorien, la date du 31 décembre marque la fin d’une année et annonce le début d’une autre. C’est aussi la date d’anniversaire des personnes étant nées en ce jour ou que ce jour leur ait été attribués, pour une raison ou une autre, comme date de naissance. À cette occasion, des voeux sont formulés de part et d’autre: les voeux de nouvel an et les voeux d’anniversaire envers les « Nés vers ». Oui, je dis « né vers », je le suis et je viens de compter dans ma vie un an de plus hier. Une occasion que certains ont saisi pour m’exprimer leur considération envers ma modeste personne à travers leurs voeux de nouvel an ou d’anniversaire. Je vous assure que ce n’est pas la première fois que j’en reçois, mais pour cette fois-ci, au delà de l’émotion et le sentiment d’exister que ç’a suscités en moi, j’ai fondu en larmes notamment par un message qu’une amie, devenue une soeur pour moi au même titre que mes trois adorables soeurs de sang et bien d’autres, m’a laissé. « Rien de bien meilleur que de savoir qu’on compte pour les autres et qu’on se donne comme défi à ne pas les décevoir », m’a enseigné ma mère et ne cesse de me le rappeler même dans nos échanges par appel téléphonique.  Cela dit, voyons voir quelques captures d’écran que j’ai faites pour vous, mes chers lecteurs et visiteurs. 

Des messages m’ayant fait sentir… 

 

      En plus, mes larmes ont coulé 

    Clin d’oeil sur mon messenger  

C’est une belle chanson chantée en zarma, un dialecte de la langue Songhoy principalement parlé au Niger. D’après un internaute nigérien qui l’a partagé sur sa page Facebook, elle transcrit le Niger actuel. Pour moi, c’est aussi une transcription du Mali actuel. En plus de la belle mélodie d’un instrument musical traditionnel chez les communautés de culture songhoy, des sages paroles s’y trouvent. Vous pouvez visionnez la vidéo sur ce lien  👉https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2194099230910800&id=100009322334308

Un de voeux de nouvel an qui me sont parvenu sur mes contacts téléphoniques 

Comme vous pouvez en rendre compte, ils sont nombreux à m’avoir gâté hier dans la famille, sur mon messenger, sur mon journal Facebook, sur mon WhatsApp ou sur mes contacts téléphoniques ( appel ou SMS). Ils sont également nombreux à mes côtés dans la vie de tous les jours. C’est une chance de vous compter parmi les miens !!!! 

Permettez-le-moi, ce billet est dédié à tous les nés vers y compris ce qui sont nés, sans compte de probabilité, un 31 Décembre ou un 1er Janvier. À mon défunt père, qui sans l’avoir connu puisque décédé quelques jours  après ma venue au monde, demeure ma première source d’inspiration et de motivation. « Que tu sois comme ton père !! » me disent ceux qui l’ont connu et que j’ai eu la chance de les rencontrer. Saurais-je l’être ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que je veux être comme lui et j’essaie, tant bien que mal,  d’exister en cherchant à donner sens à ma vie. 

Sur ce, disons qu’accepter son né-vers, c’est accepter d’exister. Bonne et heureuse année à toutes et à tous !!!! 

Droits de l'homme, Société

Disons STOP au mariage des enfants! 

       Fille en mariage                                          

En parlant de fille en mariage                  

Précoce ou forcé ce mariage                      

Ou dois-je parler en âge                                  

La regardant enfant                              

En mariage à 14 ou 15ans                

Normal pour certains à 14 ans              

Pour d’autres à partir de 15 ans


Lequel normal pour enfant                        

À 14 ans, elle est encore enfant                    

À 15 ans, elle est encore enfant            

Prise comme mineure, enfant                  

Elle est fragile et immature                      

Son corps fragile et non mûr                    

Son esprit encore immature                  

Pour elle, c’est vraiment dur 


En enfant, elle est à l’école                      

C’est son droit d’être à l’école                  

C‘est nécessaire pour elle                            

C’est recommandé pour elle                      

Est-elle prête pour mariage                    

Loin d’être facile vu son âge              

Difficile avec les défis-mariages        

Difficile de concilier études et mariage 


Surtout si elle est enceintée                            

Vu son statut, c’est compliqué                  

Oui c’est facile d’être engrossée            

Mais difficile pour elle d’accoucher  

Énormes sont ces conséquences              

Liées au mariage précoce                            

À 18 ans elle n’est plus dans l’enfance  

Majeure, prête pour y faire face


Mentalement, psychiquement prête 

Aussi physiquement prête 

Pour être en mariage 

Pour faire le mariage 

Car elle est à présent grande
Une fille majeure, une grande

Oui, 18 ans est l’âge normal 

Tout âge vant 18 ans est anormal 


Alors dénonçons le mariage forcé       

Luttons contre le mariage précoce  

Mettons fin au mariage forcé        

Disons Non au mariage précoce            
Pour le bonheur de nos enfants            

Pour la sécurité, la protection des enfants  

Pour une fille épanouie et épanouissante    

Dans un milieu épanoui et épanouissant 

Rapporté par Mikado FM, la radio des nations unies au Mali, de la MINUSMA, dans un tweet 

Un pays comme le Mali, le mariage des enfants est très fréquent. Par des justifications religieuses et coutumières ou pour des situations financières (Difficiles), les filles sont souvent données en mariage par leurs parents ou proches sans leur consentement ni qu’elles aient l’âge légalement et mondialement considéré comme normal qui est 18 ans. Cette situation n’est pas sans conséquence sur la fille. Elle se traduit chez elle, le plus souvent, par un abandon de l’école si elle est y déjà inscrite. Si elle venait à concevoir une grossesse, c’est tout un autre gros problème surtout quand on sait que les soins sanitaires de proximité sont moindres dans le pays et que leur coût soit encore élevé. Pire, l’Etat malien considère la fille à partir de 16 ans comme déjà majeure pour se marier. Alors que cette même fille à 16 ans n’est pas majeure pour voter quand il s’agit d’élection. Quelle incohérence !!!  

C’est reconnaître tout simplement que le Mali n’honore pas ces engagements internationaux en la matière. C’est vraiment triste et déplorable !!!!